Une intelligence artificielle rusée change les règles dans le jeu du loup-garou

Un concours d’un nouveau genre se tiendra à la fin de l’été à Yokohama au Japon : l’IAWolf. Jeu de rôle très exotique sur le papier, ce dernier repose sur un enjeu très sérieux : mesurer la capacité d’un robot à tromper l’humain et à se montrer « calculateur ».

Le jeu de rôle est en passe de devenir l’un des prochains grands phénomènes de l’Intelligence Artificielle (IA). Ainsi après les jeux de stratégie tels que les échecs, le shōgi ou encore le jeu de Go, ceux sont les Loups-garous de Thiercelieux (Werewolves) créés par le professeur Dimitry Davidoff en 1987 qui intéressent les spécialistes de cette technologie.

 

Le principe est assez simple sur le papier : des loups-garous errent dans un bourg et tuent chaque nuit les habitants. Chaque jour, ces derniers tentent de retrouver les meurtriers. Pour survivre et éviter de se faire repérer, les loups-garous doivent pour cela coopérer, bluffer et dissimuler des informations.
En adaptant ce jeu à des robots, l’IAWolf se penche ainsi sur une nouvelle dimension du calcul, structurée non pas sur la calculabilité permettant d’orienter le ‘choix décisionnel’ d’une machine en fonction d’une situation donnée par effet combinatoire, mais sur des données psychologiques et cognitives. Le test de Turing (imaginé en 1950 et visant à déterminer la faculté d’une machine à imiter la conversation humaine) serait en cela largement dépassé ! Bien plus qu’un jeu d’imitation, il s’agit désormais pour les robots dopés à l’IA de réussir à dissimuler des informations basées sur le langage humain.

Ainsi, en tentant d’entrainer deux chatbots à la négociation de transactions commerciales, des chercheurs du Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) ont récemment constaté que l’IA avait intuitivement développé des techniques de ruse mais également son propre langage… impossible à déchiffrer pour l’homme !

Mais l’humanité est loin d’avoir dit son dernier mot. Des équipes de recherche tech sont aujourd’hui capables de perturber les facultés de l’intelligence artificielle à coup d’attaques « adversarial », c’est-à-dire, d’illusions sensorielles.

Quoi qu’il en soit, nul doute que les chercheurs seront nombreux à suive avec attention cette année l’IAWolf !

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Crédit photo : @Eslam Zidan – CG Society