Alphabet (Google) : de la diversification au paradigme de « l’IA first »

7 septembre 2017

Google a démarré sa réorganisation autour d’un holding « clé de voûte » dénommée Alphabet, qui a pour mission de scanner l’écosystème d’innovation à la recherche de nouvelles acquisitions. Véritables bras armés de son ambition, Capital G (Google Capital), Google Ventures (GV) et tout récemment Gradient Ventures dessinent les contours d’une approche stratégique face à des compétiteurs comme Amazon.

Précisons tout de suite (pour les incollables du secteur Automobile) qu’Alphabet n’est pas une filiale du groupe BMW ! Enfin pas tout à fait ! A l’exception de ces quelques lettres communes, rien n’est commun entre ces deux entités (la filiale du constructeur allemand ayant pour objet d’être spécialisée dans la gestion de flotte automobile). Le holding de Google détient quant à lui treize structures dont quatre organisations capables d’investir dans des startups : Gradient Ventures, la petite dernière annoncée en juillet 2017, GV (Google Ventures), capitalG (ex Google Capital) et Google qui se réserve le droit d’investir directement dans des structures qui l’intéressent.

Rien n’empêche toutefois Alphabet d’investir lui-même ou de reprendre à son compte la gestion d’une entreprise précédemment acquise, à l’instar de Nest, achetée par Google en 2014 pour 3,2 milliards de dollars. Ainsi, le géant de Mountain View, conscient du manque de diversité dans de ses revenus et toujours tributaire de son activité initiale – la publicité représentait encore 89% du chiffre d’affaires d’Alphabet lors des résultats du deuxième trimestre de 2016 – a façonné une stratégie autour de ses filiales visant à la recherche de nouveaux relais de croissance. Aujourd’hui, une réorientation claire des objectifs apparaît avec comme volonté d’avoir une approche plus ciblée pour relever les défis de ses concurrents. Dans le même temps un nouveau paradigme s’installe à travers le passage du « mobile-first » à « l’IA-first », comme l’a présenté Sundar Pichai, PDG de Google lors d’une récente Keynote (octobre 2016).

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Google se trouve donc aujourd’hui intimement lié au domaine (à la mode) de l’Intelligence Artificielle (IA) qui devient son principal levier de différenciation pour conquérir de nouveaux marchés. La firme est ainsi classée parmi les entreprises les plus actives en matière d’acquisitions de startups dans le domaine de l’IA.

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Le fonds de capital-risque Gradient Ventures vient quant à lui préciser cette ambition puisqu’il a vocation de financer des startups en phase d’amorçage spécialisées dans l’IA et vise à appliquer à l’ensemble des secteurs industriels les méthodes de data analytics, de traitement de l’information (vision) ou encore de traitement du langage (comme le « natural language generation » – NLG). Quatre startups ont déjà intégré le programme, à l’image de Cape qui a développé un réseau de drones pilotables à distance par Internet.

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Toutefois, Alphabet ne serait qu’en phase de transition selon de nombreux experts. Face au conglomérat qu’est Google et à la cohorte de concepts incubés, il est difficile d’avoir une grille de lecture claire sur son organisation, le sujet de l’indépendance de ses filiales étant un point de friction récurrent. A cet égard, Google vient d’annoncer la finalisation de sa réorganisation avec la création de l’entreprise XXVI Holdings dont le mot d’ordre est de permettre aux entreprises du groupe d’avancer avec davantage de marge de manœuvre et de ne se concentrer que sur leurs activités génératrices de revenus ! Il s’agit avant tout pour Google de séparer ses « autres paris » de son activité cœur !

Image d’en-tête par SpVVK