Transport routier : bientôt l’ère de la conduite à distance ?

18 août 2017

Et si la meilleure solution pour rendre les routes plus sûres et améliorer les conditions de vie des chauffeurs de poids lourds plus près de chez eux était de ne plus leur faire prendre la route ?

C’est l’idée de Starsky Robotics qui veut permettre aux chauffeurs de poids lourds de travailler tous les jours dans un bureau pendant huit heures, puis de rentrer chez eux rejoindre leur famille, plutôt que de passer leur semaine sur les routes. La startup est sur la bonne voie, comme le souligne le créateur de la compagnie dans un article de Bloomberg. En effet, sur le plan technologique, la société a déjà développé un prototype fonctionnel permettant de piloter un camion sans intervention humaine, le conducteur étant néanmoins toujours présent dans la cabine.

Une expérimentation rendue possible par un investissement de 5 millions de dollars. En février 2017, une nouvelle version avec la possibilité de piloter à distance a été testée en grandeur nature en Floride. A l’heure actuelle, il ne manque donc plus que l’outil qui permettra de gérer plusieurs camions en même temps, avec l’assistance d’une intelligence artificielle qui déterminera les niveaux d’intervention nécessaires que pourra effectuer le conducteur à distance. Certainement l’objet d’une nouvelle levée de fond.


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L’avantage d’une telle idée est de garantir une intervention humaine dans les moments critiques où l’intelligence et la connaissance de tous les contextes sont nécessaires (conditions météo, circulation difficile, accident révélé…). Le camion 100% autonome fait en effet très peur : des millions d’emplois seraient menacés, non seulement ceux des conducteurs mais aussi ceux du personnel sur les routes. Pour les syndicats du secteur, ces technologies excluront toute une profession de l’économie américaine, une menace à laquelle le gouvernement devra faire en sorte de répondre.

Et pourtant, globalement, les conditions de travail des chauffeurs de poids lourds sont souvent précaires, avec des salaires peu élevés (40 000 dollars par an en moyenne pour 60 à 70 heures de travail par semaine) et des semaines passées sur les routes. 50 000 postes sont actuellement à pourvoir aux Etats-Unis alors que le marché du transport est en croissance : le nombre de chauffeurs n’augmente pas et le turnover est énorme. Certains pensent même que si l’âge légal de la conduite était abaissé dans certains États américains, cela permettrait d’embaucher des jeunes qui préfèrent aujourd’hui s’engager dans l’armée.

Comme Starsky Robotics, d’autres entreprises mènent une réflexion autour de l’intervention humaine dans la conduite autonome. Nissan, par exemple, propose également l’idée d’un call-center, avec prise de commande à distance de véhicules sans conducteurs, pour une assistance en cas de panne et de situations imprévisibles. Une démarche initialement testée via un partenariat entre le constructeur automobile et la NASA, afin de développer une solution de pilotage à distance des véhicules sur Mars.

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