Cette startup béninoise qui sauve des vies

6 mars 2018

C’est après avoir assisté, impuissante, au décès d’une patiente dont elle ne connaissait pas le groupe sanguin qu’Arielle Ahouansou, jeune médecin béninoise de 25 ans, a décidé de lancer KEA Medicals.

Cette startup propose une « carte d’identité médicale universelle » numérique afin de permettre au personnel hospitalier d’accéder aux informations des malades rapidement. Dans des pays où les carnets de santé n’existent pas, où la transition numérique des hôpitaux laisse à désirer et où la moindre prise de sang représente une dépense considérable, ce service peut sauver des vies.

Lancé en janvier 2017, après près de quatre ans de réflexion, KEA Medicals permet d’entrer les informations relatives à son état de santé, comme son groupe sanguin ou ses intolérances, sur une plateforme numérique. Les membres se voient alors attribuer un QR code qui peut être imprimé sur un bracelet ou sur un sticker à coller sur son smartphone.

Il suffit alors au personnel médical de n’importe quel hôpital de scanner ce code pour obtenir instantanément toutes les informations nécessaires. Les hôpitaux sont ainsi « interconnectés à travers ce code unique », poursuit Arielle Ahouansou.

Si l’adhésion est gratuite, le sticker et le bracelet coûte entre quatre et dix  dollars, soit trois à huit euros, selon le support choisi. Le service devrait bientôt être disponible en application mobile afin de rendre la plateforme plus intuitive et facile d’utilisation dans ce continent où les internautes sont plus à l’aise sur le mobile que sur ordinateur.

KEA Medicals répond aussi à un autre problème qui dévaste le continent. « En Afrique, seuls les employés du gouvernement ou de grandes sociétés peuvent bénéficier d’assurances médicales. Les personnes les plus démunies n’ont pas accès à ces prises en charge », déplore la fondatrice. Sa startup propose l’équivalent d’une assurance maladie. Pour quatre dollars par mois, les personnes ayant souscrit au service bénéficient de réductions auprès d’hôpitaux partenaires.

Le bracel développé par KEA Medicals

Le bracelet IMU (Identité médicale universelle) peut sauver des vies. Image par KEA Medicals

Il est également possible de consulter un ou une médecin à distance ou de prendre rendez-vous près de chez soi sur la plateforme.

Mais en offrant un tel service, la startup ne se substitue-t-elle pas au gouvernement ? « Le plus important, c’est que les conditions des populations africaines changent, qu’on leur garantisse un certain bien-être », répond Arielle Ahouhansou. Les  jeunes entreprises innovantes africaines ne vont pas nécessairement servir d’excuse aux gouvernements, elles pourraient au contraire les inciter à développer des solutions technologiques.

Dans ce continent où tout reste à faire, les jeunes entreprises innovantes comptent bien utiliser la technologie pour répondre aux besoins les plus basiques des populations.

KEA Medicals a gagné le prix du projet africain (hors Maroc) lors de la conférence Futur.e.s in Africa, organisé du 1er au 2 mars par Cap Digital au Maroc.

Image d’en tête par Piron Guillaume

La rédaction HOW

par L'ADN

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