Checkpoint Systems : quand la supply chain se réinvente avec la RFID et les datas

6 décembre 2017

La gestion de la démarque est pour les acteurs de la grande distribution un élément crucial du pilotage de leurs stocks, soumis en permanence au vol et aux erreurs administratives et comptables marginales qui finissent toujours par peser sur leur business. La démarque représente ainsi une perte annuelle équivalente à 1,4 % de leur chiffre d’affaires global. Un chiffre conséquent pour un marché qui doit désormais gagner la bataille sur ses parts de marché et qui se réinvente aujourd’hui grâce aux nouveaux horizons de la RFID et des datas, comme nous le rappelle Patrice Bahuaud, Vice President EMEA Channel chez Checkpoint Systems, fournisseur de solutions de traçabilité de la démarque inconnue.

Pouvez-vous nous présenter l’activité de Checkpoint Systems et nous expliquer en quoi la gestion de la démarque est-elle une donnée-clé pour les entreprises du retail ? 

Le métier de Checkpoint Systems consiste à proposer aux distributeurs, tout secteur confondu, des solutions globales de visibilité marchandise, depuis la fabrication des produits jusqu’aux points de vente. Ces écarts d’inventaire sont conséquents et représentent plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires perdus dans le monde soit l’équivalent de 1,4% du chiffre d’affaires du retail englouti par la démarque inconnue.

Lorsque l’on connaît le résultat net d’un grand distributeur, on se rend compte qu’il s’agit ici d’un coût conséquent. Les principales sources de démarque se ventilent entre vols à l’étalage (45%), vols d’employés (35%) ou encore erreurs administratives ou de documentation. Les distributeurs ne s’aperçoivent de ces pertes que lorsqu’ils réalisent leurs inventaires physiques en magasin, et les stocks réels ne sont jamais réellement visibles et donc connus.

Si l’inventaire est fiable à hauteur de 95 à 98% le jour du comptage réel en magasins ou en entrepôts, celui-ci va se dégrader au fil de l’eau du fait de la démarque inconnue. En effet, entre les vols, les erreurs de préparation de commandes, les erreurs de livraisons par les fournisseurs et les erreurs comptables, l’inventaire reste donc quelque chose d’assez théorique, et ce même, si l’on intègre des biais de modèles mathématiques.

A l’arrivée, la fiabilité de l’inventaire redescend à 65% dans les semaines qui suivent l’inventaire physique, intégrant un différentiel de 35% de produits ! Un écart critique qui a forcément de lourdes répercussions sur les décisions prises par les directions des ventes et marketing.

Deux conséquences découlent de ce delta : d’un côté, une immobilisation et une capitalisation financière trop importante par rapport à un assortiment théorique, de l’autre des ruptures de stock conséquentes, occasionnant de l’insatisfaction client et de la perte de chiffre d’affaires.

Prévenir ces écarts en contrôlant et en abaissant la démarque inconnue : telle est donc l’une des missions centrales de Checkpoint Systems. Nous travaillons ainsi avec tous les secteurs et toutes les catégories d’enseigne, du secteur alimentaire à l’électronique en passant par le textile ou le bricolage. Les ruptures et les taux de démarque inconnue varient non seulement selon le segment du distributeur mais aussi en fonction des catégories de produits à l’intérieur même d’un magasin – notamment dans les l’hypermarchés qui gèrent un très grand nombre de catégories

Comment la technologie agit-elle en faveur de la démarque ?

Nos solutions de visibilité marchandise sont tout autant hardware, middleware et software, intégrées dès la source. La technologie rend en effet possible l’intégration des informations dans les produits afin de pouvoir les suivre sur tout la longueur de la chaîne logistique, du fabriquant jusqu’au point d’encaissement en magasins. L’ensemble des stocks et des points de contrôle sont progressivement tous automatisés et deviennent traçables de manière quasi instantanée, signant la fin de l’inventaire fastidieux où les équipes doivent scanner les produits un à un.

L’information est ainsi fiabilisée grâce à la RFID, au travers d’un inventaire répété (hebdomadaire, voire journalier pour certaines catégories de produits sensibles) qui garantit la suppression de toute erreur administrative et comptable. Les tags RFID que nous concevons, produisons et livrons aux usines de fabrication des produits garantissent un suivi d’une fiabilité à toute épreuve.

Nous procurons aux fournisseurs en charge de la livraison de ces produits vers les magasins des systèmes de lecture mobiles ou fixes (antennes, tunnels) mis à disposition dans les entrepôts et en linéaires afin qu’ils puissent suivre les réserves et les surfaces de vente. Le stock réel est visible, consultable à l’instant T, et l’inventaire est « capté » par la RFID d’un simple geste en quelques secondes, apportant une précision à l’unité près !

Peut-on dire que la RFID est encore aujourd’hui un sujet en soi, ou l’enjeu ne s’est-il pas déplacé sur le big data et le data analytics ?

Oui totalement. Historiquement, c’est la technologie de la radiofréquence qui constituait et constitue jusqu’à présent le cœur de notre savoir-faire sécuritaire, qui permet de détecter les vols en magasin via les portiques. Au sens strict du terme, cette technologie reste un outil de récolte de données parmi d’autres.

Nous nous sommes progressivement et naturellement dirigés vers la RFID qui existe désormais depuis plus d’une dizaine d’années. Son avantage compétitif majeur tient dans le fait qu’elle fournit des ROI proportionnels au volume d’articles étiquetés. En effet, plus les volumes sont importants, plus des paramètres comme la rotation du produit, sa sensibilité au vol et le niveau de sa « démarque inconnue » pèsent dans la balance.

La RFID ouvre de nouveaux horizons très prometteurs en matière de business intelligence. En s’intégrant parfaitement dans la supply chain des distributeurs, la puce RFID permet de collecter des données extrêmement fines et d’aller encore plus loin dans l’optimisation de l’expérience consommateur. Le nerf de guerre tient très clairement dans la modélisation et le traitement de ces données et nos solutions sont aujourd’hui capables d’exploiter les datas en se connectant facilement au ERP des grands distributeurs.

Ce traitement des données est loin d’être anecdotique puisqu’il constitue un facteur de changement et d’évolution de la structure organisationnelle et fonctionnelle des retailers, désormais soucieux de calquer leurs offres en fonction des parcours utilisateurs au travers d’une approche omnicanale. La technologie n’est plus vraiment un sujet en soi, par contre les modalités de son management sont devenues des éléments cruciaux dans le pilotage des retailers.

Quel est l’enjeu business sous-jacent à la traçabilité de la démarque inconnue ?

Face à la maturité du secteur de la grande distribution, on observe une réelle saturation du marché. La question n’est donc plus de savoir qui va croître le plus vite – la croissance du secteur est aujourd’hui estimée à +0,3% – mais bel bien qui va gagner la bataille de la part de marché. La différence et l’avantage compétitif se font plus que jamais sur la capacité des distributeurs à recruter et fidéliser leurs cibles grâce à l’exploitation des données de leurs consommateurs.

Un challenge d’autant plus grand que le point de vente évolue lui aussi, que le consommateur se fait livrer, qu’il recourt au click and collect… Le magasin physique devient ainsi un point de collecte, mais aussi une plateforme de services personnalisés grâce à l’utilisation des datas collectée tout au long de l’expérience consommateur. En somme, nous entrons de plain-pied dans l’ère du Retail As A Service !

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