Cleantech : les entreprises championnes du « no carbon »

19 mars 2019

Le classement bi-annuel Carbon Clean 200 recense les entreprises les plus vertueuses en matière de réduction de leur impact carbone global. Il est édité chaque semestre par l’ONG californienne As You Sow et le magazine Corporate Knights.

De prime abord, l’information a de quoi surprendre. C’est Alphabet, la maison-mère de Google, qui est l’entreprise la plus vertueuse en matière de réduction des émissions de carbone. Surprenant…pas tant que cela, si l’on considère la « big picture » comme le souligne Andrew Behar, le CEO de As You Sow, l’ONG qui réalise le classement. En effet, l’entreprise a annoncé dès 2017 son intention d’effectuer une transition radicale. L’ensemble des activités de Google (bureaux et centre de données compris) sont désormais alimentées par de l’énergie 100% renouvelable. En faisant ce choix fort, l’entreprise se place donc en tête du classement des entreprises les moins émettrices.

On le sait, nos pratiques numériques à l’échelle du globe ont un impact environnemental très important. « Si l’on s’en tient à l’analyse des émissions carbone, cette décision de Google équivaut à une réduction de 5 millions de tonnes d’émissions par an. C’est comme si on annulait l’empreinte carbone d’un million de voitures en circulation. D’un point de vue macro, c’est donc un pas énorme », souligne Andrew Behar. Ce dernier ne manque pas de pointer du doigt le fait que, d’ici 2025, ce sont les entreprises du secteur de l’IT et de la tech qui consommeront 20% de l’énergie mondiale. « Nous encourageons toutes les entreprises du secteur de l’information et de la communication à en faire de même », poursuit-il.

La transition comme opportunité business

Siemens, Toyota, Cisco, Unilever…Ce sont de grandes multinationales, pas toutes connues pour leur engagement environnemental, que l’on retrouve dans les premiers rangs de ce classement. En effet, depuis 2016, l’ONG a fait le choix d’élargir les entreprises qu’elle prend en compte. Désormais, toutes les entreprises qui affichent un revenu annuel supérieur à 1 milliard de dollars pourront être concernées. S’il exclue toujours les grands noms de l’industrie fossile, le classement Carbon Clean 200 accueille donc désormais des géants de la tech, de la finance et de l’industrie.

Pour Andrew Behar, l’enjeu est de taille : convaincre les multinationales que la transition vers une économie décarbonée est un levier de business, et accélérer leur sortie des industries fossiles. « Il faut encourager les industriels à penser différemment », affirme-t-il. « Prenons le cas des grands industriels du pétrole. Ces entités ne seront bientôt plus rentables. Nous pensons que les pétroliers connaitront le même sort que l’entreprise Kodak. Ils vont périr parce qu’ils refusent de changer leur business model et ne prennent pas en compte la crise environnementale . »

Nuancer avec d’autres indicateurs

Pour ce dernier, c’est la data le nouvel or noir. C’est la raison pour laquelle Alphabet représente véritablement le modèle d’entreprise de demain. Toutefois, le fondateur de l’ONG nuance : pour être véritablement soutenables, les géants du numériques devront aussi augmenter leurs efforts en matière de respect de la vie privée. Cette autre variable fondamentale est au coeur d’un autre classement, baptisée Ranking Digital Rights qui s’intéresse aux entreprises des TIC du point de vue du respect des droits numériques. Si Google obtient un score honorable, qui place l’entreprise en tête de son écosystème, l’ONG point du doigt qu’elle a encore fort à faire pour assurer une protection optimale de la vie privée de ses utilisateurs et utilisatrices.

La rédaction HOW

par L'ADN

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