Un concours pour réconcilier l’homme et la machine

La première édition du concours « The Robot Of The Year » a lieu ce lundi 26 novembre à Station F. Rencontre avec son fondateur.

Ancien banquier d’affaires reconverti dans le design, Philippe Nacson se passionne pour les interactions entre l’homme et les robots androids à l’occasion d’un voyage à Tokyo en 2014. Sa conviction : ces échanges sont positifs pour l’homme et peuvent générer des expériences à la fois apaisantes et réconfortantes. Il explore cette idée dès 2016 à travers le projet artistique Lost Androids et lance cette année sa déclinaison business, l’évènement The Robot Of The Year.

 

HOW : Pourquoi le concours « The Robot Of the Year » ?

Philippe Nacson : Lorsque j’ai commencé à réfléchir à une application industrielle de mon projet artistique, j’ai réalisé que la recherche sur les intelligences artificielles et robots bénéfiques pour l’homme attirerait plus de chercheurs si elle parvenait à susciter un réel intérêt financier. La meilleure façon d’identifier les projets porteurs en France et en Europe était de créer un concours réunissant des experts afin de lui donner le maximum de crédibilité et de visibilité.

Je ne voulais cependant pas créer un groupe de réflexion purement scientifique car à mon sens l’IA et la robotique sont des thématiques sociétales. Je trouvais important d’intégrer aussi des sociologues, des philosophes, des entrepreneurs, et de réunir ces différents prismes autour de la table pour leur donner une voix commune. Cette première édition réunit donc une trentaine d’experts internationaux, avec le partenariat de KPMG et Randstad et sous le parrainage de Bruno Maisonnier.

 

HOW : Le jury décernera son prix en se basant sur 10 critères éthiques. Comment les avez-vous définis ?

La question de l’éthique doit être au coeur du débat. Nous nous sommes servis d’écrits existants, les trois lois d’Asimov et le traité de l’espace, pour rédiger notre propre charte. Nos critères sont aujourd’hui volontairement assez génériques car nous souhaitons pouvoir les faire évoluer en fonction des évolutions que nous observerons. Ils mettent l’accent sur les principes de vie, de bienveillance, de processus décisionnel et de traitement de l’information afin de mieux intégrer ces éléments éthiques lorsqu’on innove en IA et en robotique. Grâce à cette charte et aux experts qui participent au jury, très reconnus dans leur domaine, nous créons un écosystème capable d’un vrai regard sur ces nouvelles technologies.

 

HOW : Vous créez également un fond d’investissement, dans quel but ?

Nous devions répondre à une autre attente, qui est de pouvoir réunir autour des projets innovants les moyens financiers qui vont leur permettre de se développer. Je me suis intéressé à l’investissement responsable, une forme d’investissement qui sort des rangs dans le sens où l’on aborde les projets par l’angle de l’impact social dans notre cas corrélé à l’innovation – sans prendre en compte seulement les éléments capitalistiques.

Cependant, je me suis rapidement aperçu qu’il y avait peu voire pas de fonds d’investissement d’impact spécialisés dans les nouvelles technologies. C’est la raison pour laquelle je crée Ai.VEN, est le premier fond d’impact social en intelligence artificielle et en robotique en Europe. Il a pour but de financer à la fois les lauréats du concours « The Robot Of The Year », mais aussi les projets qui émanent de partenariats avec des incubateurs et accélérateurs français et étrangers.

 

HOW : A quoi peuvent s’attendre les participants à l’évènement « The Robot Of The Year » ?

Notre approche, c’est de rentrer dans le vif du sujet en retranscrivant de manière pragmatique notre réflexion sur l’éthique et les innovations des start-ups qui candidatent au concours. Les visiteurs pourront ainsi interagir avec des intelligences artificielles pour comprendre rapidement ce que les robots peuvent apporter en termes de développement personnel. Ils pourront participer à l’écriture collaborative entre humains grâce à une IA dans le cadre du projet coop.ink, ou encore participer à des ateliers de travail pour comprendre l’articulation entre la conception et le développement d’un algorithme pour éviter la discrimination durant le processus de recrutement. Les différents panels apporteront enfin un éclairage sur l’impact de l’IA sur l’emploi, la santé, ou encore la place des femmes dans ce secteur – autant de thématiques incontournables à l’heure actuelle.

La rédaction HOW

par L'ADN

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