#Connectivité Les dangers d’un Internet féodal

Président de l’Arcep Sébastien Soriano, président de l’Arcep nous raconte comment l’accès direct au « virtuel » pourrait bien disparaître.

Sébastien Soriano imagine comment les fondements ayant permis à l’lnternet d’être ce qu’il est aujourd’hui pourraient entièrement disparaître dans les quinze années à venir au profit des « géants de l’Internet féodal et de leurs partenaires patentés » que sont les GAFA. La raison ? Un usage massif d’objets connectés dopés à l’intelligence artificielle.

En matière de régulation des télécoms, rien ne se passe en France sans impliquer l’Arcep. L’organisme se pose comme le défenseur d’une économie de marché des télécoms et de la neutralité du Net, neutralité que Sébastien Soriano souhaite voir maintenue parce qu’elle assure un principe d’innovation libre appelant « à une régulation proactive pour casser les monopoles actuels« .

Qui dit régulation, dit aussi concrétisation… et lutte contre la fracture numérique : « en tant que régulateur des réseaux, notre première fonction, c’est déjà de faire en sorte qu’il y ait des réseaux (…). Des réseaux fiables, qui couvrent bien, avec une bonne qualité de service et à des prix abordables. »
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Selon lui, l’accélération de la sophistication des équipements connectés crée un phénomène de bulles de filtres qui suppriment l’accès direct au virtuel ; ce que l’on voit avec les tablettes de lecture – ce qu’il appelle la « kindle-isation » à la manière de Chris Anderson dans son interview « Web is dead »  – et les robots conversationnels comme Amazon Alexa et Google Home. L’immiscion des algorithmes et de l’IA au sein de nombreux objets et programmes censés aider les hommes dans leur vie quotidienne entraîne un risque d’uniformisation de la pensée et de mise à nu de la vie privée des utilisateurs. Les risques tiennent également dans les monopoles, y compris sur les réseaux d’opérateurs.

« Si, demain, vous avez deux constructeurs d’oreillettes qui sont en concurrence, il suffit que l’un choisisse de passer du réseau d’Orange à celui de Bouygues pour faire perdre à Orange 20% du trafic qu’il achemine. »

Il constate enfin que les objets connectés pourraient remettre en cause les phénomènes de concentration opérés par le digital : « Internet a été dans un premier temps un grand agrégateur, qui a tout rassemblé autour de son infrastructure. L’évolution que l’on a vécue est assez bien démontrée par ces montages photos montrant que l’iPhone réunit un nombre impressionnant d’objets du quotidien d’il y a trente ans. Avec les objets connectés, c’est peut-être le mouvement inverse que l’on va connaître. Et ça, c’est un futur de la connectivité qui pose un certain nombre de questions, notamment sur l’importance des nouveaux intermédiaires. »

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