Startups : de plus en plus de femmes lèvent des fonds, mais…

21 mars 2018

14,5% des startups qui ont levé des fonds en 2017 sont dirigées par des femmes, un chiffre faible mais en augmentation. Mais cette bonne nouvelle en cache une mauvaise : ces entrepreneuses lèvent moitié moins que les hommes.

Le 20 mars, KPMG et StartHer, une association qui veut rendre la tech plus inclusive, ont présenté la deuxième édition de leur baromètre annuel sur l’état du financement de l’entrepreneuriat féminin dans le milieu de la technologie.

Le bilan est plutôt positif puisque le nombre de levées de fonds féminines a augmenté de 1,5 points depuis 2016. « Ce n’est pas une grande révolution en termes de pourcentage, mais cela représente une évolution, une tendance certaine. Il faut réfléchir en termes de volume. Ces chiffres représentent une augmentation impressionnante du nombre de femmes dirigeantes », affirme Nicolas Beaudoin, associé KPMG France.

Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir puisque les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans l’entrepreneuriat. Les levées de fonds en amorçage représentent en effet 84% des tours de table féminins.

Extrait du baromètre StartHer-KPMG

Extrait du baromètre StartHer-KPMG

Pour autant, des inégalités demeurent. Le ticket moyen des investissements obtenus par des femmes, par exemple, a considérablement baissé, représentant désormais moins de la moitié du ticket moyen global. Les femmes lèvent en moyenne 1,5 millions d’euros contre 3,2 millions d’euros pour les hommes.

Même si elle admet ne pas en connaître la cause, la directrice d’investissement de Starther, Audrey Soussan, émet l’hypothèse que les femmes « seraient plus prudentes dans l’estimation de leur trésorerie que les hommes » et demanderaient exactement ce dont elles ont besoin pour atteindre leurs objectifs.

Nicolas Beaudoin la rejoint mais suggère une autre hypothèse d’ordre financier. D’après lui, les femmes exerçeraient une forme de rétention pour éviter une dilution de leur capital trop importante. Laquelle de ces deux hypothèses est la plus juste ? Cette question sera au coeur du prochain baromètre.

Cette différence de ticket a cependant tendance à diminuer à partir du second tour. « Cela amène à penser que les divergences d’appréciation femmes-hommes relatives aux besoins de trésorerie s’estompent avec la croissance des entreprises », en déduit  la directrice d’investissement.

Plus qu’autre chose, ces chiffres prouvent que c’est lorsqu’elles en sont aux prémices de leur projet que les entrepreneuses ont besoin d’accompagnement. Les organisations de soutien à l’entrepreneuriat à destination des femmes, tels que l’incubateur WILLA (anciennement Paris Pionnières) ou Starther Académies, un programme de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin dans les collèges et lycées, sont donc primordiales.

Mais ce qui va vraiment changer la donne, c’est avoir des entrepreneuses ayant réussi dans les médias et l’écosystème. Ces role models encouragent les femmes à se lancer en leur montrant que « c’est possible de réussir », conclut Audrey Soussan.

Image de WOCinTech

La rédaction HOW

par L'ADN

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