Les “Digital Twins”, ces clones numériques qui vont devenir indispensables à l’industrie

6 novembre 2017

La voiture autonome la plus sûre du monde ne serait-elle pas celle qui possède son propre clone ? C’est ce que montre le dernier rapport Gartner qui place parmi ses “10 tendances digitales” de demain, celle qui décrit le phénomène des clones numériques. Mieux que la “Moral Machine” du MIT présentée ici , le clone numérique aussi appelé le “Digital Twin” permet en effet de modéliser tout système virtuel ou physique. Pour le secteur de l’industrie le potentiel est énorme : optimisation dynamique, maintenance prédictive, monitoring d’équipements, design et développement produits… Au total le marché du double numérique devrait peser 15 milliards de dollars d’ici 2023 d’après Market Research Future.

« Un double numérique est un modèle logiciel dynamique d’un objet ou d’un système physique qui repose sur les données de capteurs”, définit le récent rapport de ABI research. Avant même la phase de prototypage, le jumeau permet de tester une multitude de scénarios, objets, logiciels…et ce sans même devoir fournir une visualisation 3D grâce aux données captées en temps réel, précise ABI. “54% des systèmes de surveillance des infrastructures seront alimentés par des jumeaux numériques« . (+ reprise en encart data)

En soi, cette technologie n’est pas nouvelle puisque des géants de l’aérospatial ou de l’énergie tels la NASA, Boeing, ou General Electric s’en servent déjà pour tester des modèles de moteurs ou d’appareils.

Pour les autres industries, une phase d’évangélisation sur ce procédé semble nécessaire. De fait, seul 4% des fabricants sondés par ABI ont mis en place un système de clonage numérique. Mais 83% disent néanmoins effectuer des recherches sur cette technologie. Il est donc fort à parier que des “programmes Digital Twins” vont fleurir çà et là dans les entreprises à l’image de Bureau Veritas qui a opté pour un système de prédiction similaire, à partir de la technologie 3D de Dassault Systèmes.

Hackers et vrais gagnants

Reste que si les gains de temps, et d’argent, sont évidents dans les phases de test & learn industriels, le jumeau numérique n’est pas sans danger. A l’ère de la reconnaissance faciale et du tout-biométrique (empreinte digitale, oculaire, commande vocale), synthétisés sous la forme de données et d’algorithmes, qu’arrivera-t-il si des hackers mettent la main sur un jumeau numérique stratégique – ou personnel -, interroge ITportal.com ?

Autre bémol, tandis que la polémique monte au sujet des GAFAM, montrés du doigt en raisons de leur volonté “d’aspirer” toujours plus de données personnelles, les digital twins vont-ils venir encore plus déséquilibrer le marché au profit des géants ? Autrement dit, les jumeaux numériques peuvent-ils profiter à de nouveaux champions ou, au contraire, renforcer la super-puissance du “winner takes it all” ?

Car de la donnée, il faudra en posséder pour comprendre et tester les nouveaux modèles de l’Internet des objets ou encore de la ville intelligente. Il y a quatre ans, le monde produisait 4,4 zettabytes de données, soit 44 trillions gigabytes. En 2020, il en produira dix fois plus, soit 44 zettabytes, comme le rappelle Offshore-mag, magazine spécialisé dans l’activité pétrolière, qui s’intéresse de près aux jumeaux numériques.

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