En Afrique, l’achat en ligne se fait sans compte bancaire

Gérer un site de e-commerce dans des pays où les internautes n’ont pas de carte bancaire relève souvent du parcours du combattant. WeCashUp fait partie des services africains forts en blockchain qui veulent réinventer le paiement en Afrique.

En Europe, avoir un compte bancaire est une nécessité, un sésame pour acheter en ligne, transférer de l’argent à des amis, faire des achats importants et désormais régler de simples courses. En Afrique, c’est un privilège. Le taux de bancarisation y est de 5 à 15%. Pourtant, envers et contre tout, le transfert d’argent et le e-commerce s’y développent.

Depuis une dizaine d’années, la scène tech du continent a développé ses propres moyens de paiement. Le paiement mobile y remporte un succès inégalé dans le reste du monde. Low-tech et financièrement accessible, il est parfaitement adapté aux spécificités des populations africaines. Plus de 227 millions d’Africains et d’Africaines utilisent des banques mobiles comme Orange Money, MTN ou encore M-Pesa.

Problème : ces offres de « mobile money » sont très (trop ?) nombreuses et souvent spécifiques à un pays.  Les e-commerçants ne peuvent pas toutes les intégrer sur leur plateforme. Les internautes ne peuvent donc souvent pas effectuer d’achat en ligne et les sites de e-commerce ont du mal à acquérir de nouveaux marchés.

Pour y remédier, la startup camerounaise Infinity Space a lancé en 2015 Wecashup, une plateforme de paiement universel qui accepte tout aussi bien les cartes bleues que la mobile money, l’argent liquide (à travers un système de dépôt d’argent à un point relais) et les cryptomonnaies. Les e-commerçants n’ont plus qu’une API unique à intégrer sur leur site pour pouvoir accepter tous les paiements populaires en Afrique.

Wecashup est actuellement déployé dans 35 pays africains, mais son fondateur Cédric Atangana entend bien l’étendre à d’autres régions telles que l’Amérique latine ou l’Asie. La plateforme utilise l’intelligence artificielle pour réduire la fraude du système mobile money et la blockchain pour sécuriser les transactions.  

Si la blockchain suscite encore la méfiance de certains gouvernements, elle rencontre en Afrique un engouement grandissant. Lors du African Blockchain Summit qui a eu lieu le 14 mai, plusieurs pays africains ont pu discuter de l’avenir et des enjeux de la blockchain sur le continent et proposer des programmes pour la développer.

Entrepreneurs comme politiciens y voient un outil clé pour lutter contre le faible taux de bancarisation du pays. En plus d’assurer la sécurité des transactions, la blockchain permet de se passer des intermédiaires traditionnels qui ont souvent pris des pourcentages bien gourmands, que ce soient les entreprises de remittances comme Western Union ou les plateformes d’achat en ligne.

« La technologie blockchain pourrait aider nos pays à accélérer leur émancipation économique et à pérenniser leur autonomie… Elle peut ouvrir les portes aux entrepreneurs, en proposant d’innombrables solutions bâties sur un protocole fiable, sécurisé et transparent », a expliqué Marouen Abassi, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie lors du sommet.

Sur le continent africain, la blockchain pourrait bien trouver des applications auxquelles nous n’avons pas encore pensé.

Image d’en-tête par UntitledImages

La rédaction HOW

par L'ADN

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