Pas besoin d’être une grande entreprise pour racheter une startup

Les grandes entreprises, on le sait, aiment bien acheter des startups. Acquérir une équipe talentueuse, obtenir une technologie innovante ou encore gagner une clientèle convoitée, les objectifs sont multiples. Depuis quelques années, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ont suivi le pas.

« Nous sommes approchés par énormement d’ETI », explique Emmanuel Delaveau, associé chez Partech, un fonds d’investissement en capital-risque présent en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique. Rien qu’en ce moment, le fonds est en discussion avec une grosse dizaine d’entreprises de taille intermédiaire.

Une partie d’entre elles souhaite se joindre aux investisseurs classiques (fonds de pension, business angels, etc.) et aux investisseurs corporate (gros groupes et grandes entreprises) qui financent le fonds. Une autre souhaite se rapprocher des startups du fonds.

Des entreprises en recherche d’innovation

Cette tendance n’a pas plus de deux, trois ans, estime l’investisseur, mais elle ne fait que s’amplifier.

« Les ETI nous approchent souvent suite à un appel d’offre qu’elles ont perdu », explique-t-il. Elles ont conscience que pour gagner les prochaines offres, elles vont devoir être plus innovantes, enrichir leurs offres ou compléter leurs produits.

Certaines entreprises se contentent de discuter avec les fonds et les startups pour comprendre ce qui se passe sur le marché de l’innovation et saisir les grandes tendances. La majorité cherche à développer leurs produits et leurs offres en s’appuyant sur les innovations des startups.

Qu’elles soient B2B ou B2C, ces entreprises ont un double besoin : ajouter une caractéristique complémentaire à leurs produits déjà existants ou ajouter un service à leurs offres.

Pour une partie des ETI, cette collaboration se fera en nouant des partenariats commerciaux. Entreprises de taille intermédiaire et startups développent alors ensemble une offre et partagent la création de valeur. Pour les autres, elle se fera par investissement ou acquisition.

Des achats et investissements à petit prix

Comme les ETI n’ont pas les moyens financiers d’investir ou d’acquérir des startups matures, elles ont tendance à se rapprocher des startups assez tôt, quand les prix sont encore abordables, pour créer des services et produits avec elles.

Ces entreprises ont tendance à intégrer les startups à leurs propres process pour intégrer au mieux leurs innovations, tout en leur laissant de la liberté afin qu’elles continuent d’innover et grandir, témoigne Emmanuel Delaveau.

C’est le cas du groupe Up, qui commercialise notamment les Chèque Déjeuner. Cette entreprise, qui emploie plus de 2 500 personnes dans 17 pays, a développé une stratégie d’open innovation complète incluant un programme d’investissement. Après avoir participé au fonds d’investissement Idinvest II, elle a lancé son propre fonds pour financer les startups partenaires du groupe.

L’avantage ETI

L’équipe de Partech a l’habitude de dire que « le battement de cœur d’une startup n’est pas le même que celui d’un grand groupe ». Plus petites, moins alourdies par les échelons hiérarchiques que les grandes entreprises, les ETI disposent souvent de culture interne et de taux de réactivité adaptés à la collaboration avec les startups.

Elles identifient des opportunités plus rapidement car les personnes en charge des acquisitions et du business développement travaillent souvent ensemble. Et elles ont plus de facilité à mener à bout leurs discussions avec ces startups car le nombre de parties prenantes est limité.

Les investissements ou acquisitions sont encore jeunes – les startups ont au mieux rejoint les ETI il y a 18 mois, il est donc un peu tôt pour tirer un bilan de ces rapprochements mais Emmanuel Delaveau voit déjà des avantages.

« Par construction, les ETI ne peuvent pas se permettre de faire trop d’erreurs, car chaque faute coûte cher. Elles doivent donc les rectifier rapidement ce qui leur donne une certaine agilité », explique Emmanuel Delaveau.

L’investisseur note, d’autre part, que les ETI ont la possibilité de réunir plus facilement les différents pôles concernés par le partenariat ou l’achat d’une nouvelle startup, ce qui diminue les frictions et permet d’aller plus vite dans l’intégration des nouvelles solutions.

En travaillant ensemble, startups et ETI pourraient bien s’imposer face aux grandes entreprises.

Photo par Wade Lambert

La rédaction HOW

par L'ADN

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