L’e-sport se professionnalise et voit de plus en plus grand

16 novembre 2018

Les compétitions de jeux vidéos attirent aujourd’hui des millions de spectateurs, poussant l’e-sport à se professionnaliser. Certains espèrent voir un jour la discipline intégrer les Jeux Olympiques.

Parmi les métiers d’avenir qui n’existaient pas il y a encore quelques années, entre Youtubeur et Corporate Hacker, l’un fait particulièrement rêver les jeunes générations : cyberathlète. Gagner de l’argent en jouant à un jeu vidéo a encore de quoi surprendre le grand public, mais avec la massification des audiences, le secteur se professionnalise et génère désormais de plus en plus de revenus.

Le sport électronique ou « e-sport » désigne la pratique de jeux vidéo en compétition, seul(e) ou en équipe. L’activité est apparue à la fin des années 80, d’abord en réseau local appelé « LAN » (Local Area Network), qui permettait de relier à distance des centaines d’ordinateurs ou de consoles de jeu, dans un rayon limité à quelques kilomètres. Elle a explosé avec le développement d’internet, qui a mené en 1997 à la création de la Cyberathlete Professional League, la première organisation américaine spécialisée dans l’organisation de tournois professionnels.

L’un des plus célèbres, les Worlds, est la finale du championnat du monde de League of Legends (LoL). Ce jeu vidéo compétitif lancé en 2009 par le studio californien Riot Games est depuis 2013 l’un des jeux les plus populaires au monde : il a franchi en septembre 2016 la barre des 100 millions de joueurs actifs (qui se connectent au moins une fois par mois). La finale de l’édition 2018, qui s’est tenue le 3 novembre dernier, aurait été suivie selon le diffuseur chinois par plus de 200 millions de spectateurs, soit près du double de l’audience américaine du Super Bowl. Un chiffre que l’on devrait en grande partie à la victoire de l’équipe chinoise Invictus Gaming – l’édition 2016 n’ayant attiré « que » 43 millions de spectateurs.


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Championnats, millions de spectateurs, équipes nationales… la diffusion des compétitions de jeux vidéo s’apparente bien à la retransmission d’une rencontre sportive, avec commentateurs et joueurs professionnels. Pour espérer être rémunérés et décrocher un contrat, ceux-ci s’astreignent à une discipline digne d’un athlète professionnel : plusieurs heures d’entraînement par jour dans une gaming house, véritable camp d’entraînement mis à disposition par les sponsors, des consultations chez l’ostéopathe pour les problèmes de dos ou de tendinite, sans oublier les contrôles antidopage récemment mis en place par la FIFA, certains joueurs n’hésitant pas à prendre des amphétamines pour améliorer leurs capacités de concentration.

L’apparition de techniques associées au sport de haut niveau et l’encadrement plus strict des compétitions n’est pas un hasard : en croissance exponentielle, l’e-sport a aujourd’hui de nouvelles ambitions, et non des moindres. Ses partisans espèrent voir un jour la discipline représentée aux Jeux Olympiques, une proposition à laquelle s’était déclaré ouvert Tony Estanguet, co-président du comité Paris 2024. Le CIO a pour le moment exclu d’intégrer dès 2024 un jeu « qui promeut la violence ou la discrimination comme les « killer games » (…) en contradiction avec les valeurs olympiques », sans toutefois fermer définitivement la porte à la discipline. En attendant, Paris organisera dès 2019 la finale des Worlds LoL, confirmant sa volonté de devenir la capitale européenne du sport, physique ou virtuel.

La rédaction HOW

par L'ADN

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