Tendance : et si vous laissiez vos employés décider de leur salaire ?

16 juillet 2018

Pour rendre leurs équipes plus épanouies et productives, certaines entreprises ont fait le choix de les laisser décider de tout : de leur lieu de travail à leur salaire.

Installer des canapés dans les open spaces et organiser des prono de foot, c’est sympa, mais est-ce bien suffisant pour améliorer le bien-être au travail ? Certaines entreprises ont décidé de remettre en question le coeur de leur organisation pour s’assurer l’épanouissement et la satisfaction de leurs équipes.

Dans ces grandes entreprises et startups, on croit que les meilleures décisions viennent des collaborateurs. Alors, après avoir mis en place une transparence radicale, elles ont décidé de les laisser choisir leurs managers, leur lieu de travail et même leur salaire ! Cela ne dégénère pas, au contraire, les résultats financiers sont là.

Chez WL Gore, les « associés » choisissent leurs managers

WL Gore, fabricant de tissus imperméables depuis 60 ans, est considérée par Great place to work comme l’une des meilleures entreprises où travailler dans le monde, probablement car elle a supprimé la hiérarchie traditionnelle. Les 10 000 associés – le mot employés est banni – sont en effet invités à choisir leurs leaders eux-mêmes, par vote. Dans cette entreprise, les salariés sont partie prenante du management. Tous détiennent des parts de l’entreprise, quel que soit leur statut ou leur ancienneté, et tous sont invités à réfléchir aux projets qu’ils veulent mener pour stimuler leur créativité.

Choisir son manager est déjà un grand pas vers plus de liberté, mais d’autres entreprises vont encore plus loin.

Chez Buffer, pas de bureaux, chacun choisit son lieu de travail

Il est rare qu’une entreprise soit aussi connue pour son produit que pour son management. C’est pourtant le cas de la startup américaine Buffer qui propose un logiciel de gestion des réseaux sociaux. Adepte de la transparence radicale – les salaires nominatifs sont publiés en ligne – elle laisse aux employés le choix de leur lieu de travail. Les 70 employés, basés dans pas moins de 16 pays, travaillent aussi bien de chez eux que dans des espaces de coworking ou de façon nomade.

femme travaillant dans à l'extérieur

Marre de travailler chaque jour dans le même bureau ? Dans certaines entreprises, les salariés peuvent choisir leur lieu de travail. Image par skyNext

De toute façon, Buffer n’a aucun bureau, l’entreprise est entièrement en remote, ou télétravail en bon français.

Puisque les décalages horaires ne permettent pas aux équipes de travailler de façon synchrone, les salariés décident eux-mêmes de leurs emplois du temps. Cela ne veut pas dire que les collaborateurs ne se parlent jamais. Pour créer un esprit de bonne entente et faciliter la communication entre ses membres, elle organise plusieurs moments de rencontres, le plus important étant le séminaire annuel durant lequel tous les salariés se retrouvent dans un endroit dans le monde.

Certaines entreprises ont choisi de s’attaquer à un autre point de friction entre salariés et entreprise : le salaire.

Chez Lucca, les employés choisissent leurs salaires

Pour s’assurer de recruter les meilleurs talents, Lucca, une startup parisienne spécialisée dans l’automatisation des processus administratifs, propose à ses salariés ayant plus de trois ans d’ancienneté de choisir eux-mêmes leurs salaires. Mais pas question de demander un salaire délirant. La startup a responsabilisé ses membres en jouant sur la transparence radicale.


Lire aussi : Et si les employés pouvaient consulter leurs fiches de paie et demander leurs congés en ligne ?

Les employés commencent par choisir le salaire qui leur semble juste, pour cela ils peuvent s’inspirer des salaires de leurs collègues, qui sont tous publics en interne. Ils font ensuite leur demande lors d’une réunion ouverte à tous les membres de l’entreprise. Chacun y écrit sur une feuille son nom, son salaire actuel et l’augmentation qu’il souhaite avant d’argumenter sa demande à l’oral. Les autres peuvent donnent leurs avis publiquement en fin de présentation ou anonymement. Il ne reste plus au salarié qu’à légitimer ses prétentions salariales en maintenant de bons résultats, sinon son salaire sera revu à la baisse.

Au delà des effets de com’

Ces différentes initiatives prouvent qu’une culture d’entreprise plus transparente et collaborative est en train de voir le jour. Ces organisations souhaitent toutes rendre leurs salariés plus investis, plus libres dans leurs choix et donc plus satisfaits. Mettre en place ce genre de management permet de faire parler de soi et dans ce contexte de guerre des talents, sortir du lot est bienvenu. Mais pour ces entreprises, ces choix organisationnels dépassent l’effet de com’, ils ont en effet plus que prouvé leur efficacité.

Cette recherche du bonheur des employés est la clé de la hausse de la productivité, c’est prouvé. En un peu plus de dix ans, le chiffre d’affaires de WL Gore a augmenté de 48%, passant de 2,1 milliards de dollars en 2006 à 3,1 milliards de dollars en 2017. Quant au chiffre d’affaires de Lucca, il a augmenté de 30% par an ces deux dernières années. Tandis que Buffer enregistre un chiffre d’affaires de 17 millions de dollars. Miser sur la confiance et l’autonomie des employés semble être une recette payante.

Image d’en-tête par BartekSzewczyk

La rédaction HOW

par L'ADN

Linkedin

A lire aussi

La communauté des leaders de l'innovation

Innovating in good company

Rejoignez-nous