Il y a un siècle déjà, les grandes entreprises investissaient dans des startups

17 juillet 2017

Contrairement à une idée en vogue, l’intérêt des grands groupes pour les startups ne date pas du XXIème siècle.

Depuis maintenant plus d’un siècle, les grands groupes créent des fonds d’investissement pour soutenir de jeunes entreprises innovantes, on les appelle aujourd’hui des Corporate Venture Capital (CVC). Cette pratique est née aux États-Unis en 1914 lorsque Pierre du Pont, alors patron du géant éponyme de la chimie, acquiert une participation au sein d’une jeune entreprise prometteuse du nom de General Motors. Dans l’esprit du parrain, il s’agissait alors d’accompagner la croissance d’un futur client et de s’ouvrir les portes d’un nouveau marché.

Si quelques géants du capitalisme suivirent les pas de DuPont, ce mouvement prit réellement son essor avec les premières lois anti-trusts à la suite de la Grande Dépression de 1929. 3M, Boeing, GE, Mobil et d’autres y ont ainsi vu autant un moyen de se diversifier vers de nouveaux marchés que de placer, au sein de l’économie américaine, leurs importantes réserves de cash. Certaines entreprises ont véritablement cherché à diversifier leurs activités et dépasser les frontières de leur core business.


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Ainsi, au début des années 1970, frappée par le 1er choc pétrolier, Exxon fut poussée à s’interroger sur son modèle économique et son président déclara que le but de son programme de Corporate Venture était « d’impliquer la société dans les nouvelles technologies et de nouvelles opportunités d’affaires qui pourraient avoir un certain impact dans les années 1980 et au-delà ». Dans cet objectif, le groupe pétrolier investit donc au sein de 37 jeunes pousses bien éloignées de son activité principale, allant des systèmes téléphoniques aux panneaux solaires en passant par même par le lancement d’un micro-ordinateur en 1982 !

Malheureusement, toutes les histoires ne se finissent pas bien. Exxon, en décidant d’intégrer verticalement l’ensemble de ces pépites au milieu des années 1980 alors que ces dernières fonctionnaient jusqu’à présent de manière indépendante, tua la dynamique créatrice et l’innovation de cette fabuleuse aventure (dont le chiffre d’affaires cumulé de ses activités diversifiées atteignit 49 milliards de dollars) !

Si, dans un premier temps, les entreprises ont cherché à diversifier leurs activités (ce qui constitua la première vague du CVC), la seconde vague, qui se développa au début des années 1980, avait pour objectif de faire reconnaître les changements radicaux induits par l’avènement des ordinateurs ainsi que la volonté de ne pas manquer les ruptures technologiques à venir (pour ne pas risquer l’obsolescence). Découvrez cette seconde vague dans la suite de notre dossier.

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