Exxon, DuPont, GM : comment le CVC est entré dans l’Histoire (1/4)

17 juillet 2017

Les Corporate Venture Capital (CVC) ont proliféré ces dernières années et sont devenus une caractéristique quasi courante chez les grandes entreprises. Ainsi, 17 % des levées de fonds effectuées par des start-up dans le monde en 2016 résultent du corporate venture, selon la dernière édition de l’étude Venture Pulse publiée en février 2017 par KPMG. D’une simple stratégie de diversification à la volonté d’avoir accès à la technologie de demain, retour sur l’histoire du CVC qui nous renvoie aux géants de l’industrie américaine du XXème siècle, à l’arrivée de l’ordinateur personnel en passant par Palo Alto.

 

Contrairement à une idée en vogue, l’intérêt des grands groupes pour les start-up ne date pas du XXIème siècle. Les fonds de capital-risque n’ont pas le monopole des investissements dans des jeunes pousses innovantes. Cette pratique est née aux États-Unis en 1914 lorsque Pierre du Pont, alors patron du géant éponyme de la chimie, acquiert une participation au sein d’une jeune entreprises prometteuse du nom de General Motors. Dans l’esprit du parrain, il s’agissait alors d’accompagner la croissance d’un futur client et de s’ouvrir les portes d’un nouveau marché.

Si quelques géants du capitalisme suivirent les pas de DuPont, ce mouvement prit réellement son essor avec les premières lois anti-trusts à la suite de la Grande Dépression de 1929. 3M, Boeing, GE, Mobil et d’autres y ont ainsi vu autant un moyen de se diversifier vers de nouveaux marchés que de placer, au sein de l’économie américaine, leurs importantes réserves de cash. Certaines entreprises ont véritablement cherché à diversifier leurs activités et dépasser les frontières de leur core business.

Ainsi, au début des années 1970, frappée par le 1er choc pétrolier, Exxon fut poussé à s’interroger sur son modèle économique et son président déclara que le but de son programme de Corporate Venture était « d’impliquer la société dans les nouvelles technologies et de nouvelles opportunités d’affaires qui pourraient avoir un certain impact dans les années 1980 et au-delà ». Dans cet objectif, le groupe pétrolier investit donc au sein de 37 jeunes pousses bien éloignées de son activité principale, allant des systèmes téléphoniques aux panneaux solaires en passant par même par le lancement d’un micro-ordinateur en 1982 !

Malheureusement nombreuses sont les belles histoires qui ont une fin… Exxon, en décidant d’intégrer verticalement l’ensemble de ces pépites au milieu des années 1980 alors que ces dernières fonctionnaient jusqu’à présent de manière indépendante, tua la dynamique créatrice et l’innovation de cette fabuleuse aventure (dont le chiffre d’affaires cumulé de ses activités diversifiées atteignit 49 milliards de dollars) !

Si, dans un premier temps, les entreprises ont cherché à diversifier leurs activités (ce qui constitua la première vague du CVC), la seconde vague, qui se développa au début des années 1980, avait pour objectif de faire reconnaître les changements radicaux induits par l’avènement des ordinateurs ainsi que la volonté de ne pas manquer les ruptures technologiques à venir (pour ne pas risquer l’obsolescence).

Plongez dans la suite de cette série pour découvrir la seconde vague du CVC en cliquant ici !

 

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