Farm Tech : les nouvelles technologies pour nourrir la planète

6 février 2019

Selon les projections de l’Onu, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants en 2050. Avec un enjeu de taille : comment réussir à (bien) nourrir tout le monde ?

Alors que les besoins en eau et en nourriture devraient fortement augmenter ces prochaines années, des startups mettent au point des solutions pour transformer le secteur agricole et rendre les fermes plus intelligentes, plus productives et plus résilientes. En un mot : durables. Trois tendances se dégagent déjà : l’automatisation des tâches, la cartographie assistée par drones et un meilleur contrôle de la chaîne du froid.

Tracteurs et robots autonomes

L’avenir de la moisson appartient aux machines autonomes ! Le géant américain Deere & Co a fait sensation lors du dernier CES en présentant son tracteur sans chauffeur, capable de creuser, semer ou moissonner tout seul et même… contrôler en temps réel la qualité de la récolte. La Chine aussi mise sur l’automatisation de ses machines agricoles pour répondre à la demande croissante de nourriture.

En France, plusieurs startups se donnent pour mission de faciliter le travail agricole grâce aux robots. La société Vitibot a développé Bakus, un robot autonome capable d’enjamber les vignes pour les traiter et les entretenir, à toute heure du jour ou de la nuit. De quoi éviter aux agriculteurs d’être en contact avec les produits phytosanitaires tout en leur dégageant un gain de temps précieux. Idem pour Naïo qui propose des robots de désherbage, de binage et d’entretien des semences et des vignes. Enfin, l’entreprise ecoRobotix a développé un robot autonome qui, contrôlé à l’aide d’une application, est capable d’appliquer un produit chimique uniquement sur les mauvaises herbes.

Drones des champs

Cartographier ses parcelles avec précision grâce aux drones, c’est ce que propose la société française Airinov, dont Parrot est l’actionnaire majoritaire. Les données récoltées sont retravaillées sous forme de cartes avec une présentation par zone de couleurs, afin que l’agriculteur sache précisément à quel endroit il doit distribuer de l’engrais.

La startup Chouette est, elle, spécialisée dans les drones de surveillance pour repérer le mildiou (une série de maladies affectant de nombreuses espèces de plantes) ou évaluer la surface des feuilles de vignes. Les clichés pris en vol et les données récoltées sont ensuite traités grâce à des techniques d’intelligence artificielle.

Des aliments sains et sécurisés

Plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés chaque année en France, dont 2 millions de tonnes d’ingrédients encore consommables. Pour en finir avec ce gaspillage évitable, plusieurs startups françaises réinventent notre façon de stocker les denrées périssables, comme l’entreprise Cryolog qui a développé une pastille thermosensible, capable de donner l’état d’un aliment. Placée sur l’emballage, cette pastille passe du vert au rouge pour signaler que la conservation a été altérée. Cette solution est utilisée pour les plateaux-repas d’une cinquantaine de professionnels de la restauration collective et par des traiteurs.

La logique est la même pour Biotraq, incubée par Rungis&Co, la structure d’accompagnement du Marché International. Grâce à des capteurs connectés, Biotraq délivre aux industries agro-alimentaires et pharmaceutiques des informations en temps réel sur l’état et la qualité de leurs produits, notamment s’ils peuvent les conserver ou s’ils doivent les jeter.

La startup Javelot propose de son côté de connecter les silos à grains pour surveiller leur température et les sécuriser. L’auto-échauffement causé par la fermentation des grains ou des températures de stockage trop élevées peuvent en effet provoquer des incendies, voire des explosions. Sans compter les nuisibles. « Le grain est une matière qui vit. Les agriculteurs réalisent beaucoup d’investissements pour le semer, le faire grandir… mais peu pour le stocker. Lorsque le grain est récolté, l’humidité ne bouge pas, mais la température évolue. Plus la température évolue, plus il y a un risque de développement d’une population d’insectes« , explique le responsable produit de Javelot, Alexis Bernazeau, à Usine nouvelle.

En 2050, notre planète devrait compter 9,8 milliards d’habitants. L’agriculture peut désormais compter sur la tech pour suivre le rythme.

La rédaction HOW

par L'ADN

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