Femmes et climat : la combinaison gagnante

Premières victimes du réchauffement climatique, les femmes sont aussi porteuses de solutions dans la lutte contre ces dérèglements. Pour promouvoir leurs actions et s’assurer que leurs voix sont prises en compte lors des processus de décision, Chiara Corazza, Directrice Générale du Women’s Forum for the Economy & Society, parcourt le monde en vue de sensibiliser les pouvoirs en place. C’est l’un des sujets mis en lumière par les keynotes organisées sur le stand KPMG de VivaTech.

Selon l’OMS, le nombre de catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques a triplé depuis les années 1960. Les inondations ont causé plus de 5,5 millions de victimes à travers le monde et ont entraîné, à elles seules, des pertes économiques évaluées à plus de 90 milliards d’euros. « Lorsqu’on demande aux CEO de grands groupes de nous lister les risques auxquels ils peuvent être confrontés, les dangers liés au changement climatique apparaissent dans le top 5 », résume ainsi Marie Guillemot, associée et membre du Comité Exécutif de KPMG. Les populations des pays les plus pauvres sont les plus durement touchées. Et les femmes sont en première ligne, comme l’a rappelé Chiara Corazza, Directrice Générale du Women’s Forum for the Economy & Society.

Les femmes, premières victimes du réchauffement climatique

Les femmes représentaient ainsi deux tiers des victimes du tsunami de 2004 et 90% des victimes du cyclone qui a touché le Bangladesh en 1991. Selon un rapport de l’ONU, celles-ci auraient 14 fois moins de chances que les hommes de s’en sortir en cas de catastrophe naturelle. Lorsque sécheresses, typhons et inondations amenuisent les ressources ou compliquent l’approvisionnement en eau potable, c’est encore à elles de trouver des solutions. « Pour chercher de l’eau potable, certaines femmes marchent plus de 15 kilomètres par jour. Un parcours au cours duquel elles se font parfois violer », tient à souligner Chiara Corazza. Le « do thank » – une approche inspirée du « think tank » qui mêle travail intellectuel et expérimentations sur le terrain – dont l’action se concentre sur l’empowerment des femmes, s’attèle désormais à trouver des solutions innovantes aux problèmes du réchauffement climatique. « Dans un monde en pleine disruption, on ne peut pas imaginer que les femmes, qui constituent la moitié de la planète, ne soient pas là », poursuit Chiara Corazza. En effet, les études sur la question montrent qu’un accès égal des femmes aux ressources productives sauverait 100 à 150 millions de personnes supplémentaires de la faim.

Inclure les femmes dans la lutte contre le réchauffement climatique est donc essentiel. D’autant qu’elles proposent déjà des solutions qui permettent de répondre à l’urgence climatique de leur pays.

Les femmes à l’origine de solutions innovantes

Lorsque l’ouragan Maria a touché Porto-Rico en 2017, les femmes de la municipalité de Humacao ont mis en commun toute la nourriture dont elles disposaient pour préparer chaque jour des repas chauds destinés à plus de 400 personnes. À Cotonou, au Bénin, les femmes assurent la collecte de déchets recyclables dans la ville. En Inde, des groupes de femmes auto-gèrent  une station de compostage de déchets à Pondichéry. Et à Pintada au Brésil, elles ont trouvé des moyens d’adapter leur système agricole aux situations de sécheresse. Bref, partout dans le monde, les femmes ont compris le rôle clé qu’elles pouvaient jouer dans la gestion des ressources naturelles. « Les femmes sont les premières à être sensibilisées à la dégradation de l’environnement parce qu’elles ont conscience que cela implique également la santé de leurs enfants », souligne Chiara Corazza.

Même si elles sont encore sous-représentées au sein des instances politiques, les femmes influencent grandement la recherche et le développement des énergies renouvelables. Selon Crowpac, une plateforme numérique de financement participatif de campagnes aux Etats-Unis, les femmes sont les plus fortes partisanes d’

actions législatives contre le changement climatique. C’est le cas de Mary Anne Hit, animatrice du mouvement environnemental Sierra Club et de la campagne « Beyond Coal » qui milite pour le remplacement d’un tiers des 500 centrales électriques à charbon aux États-Unis d’ici 2020, par des sources d’énergie plus respectueuses de l’environnement.

Des actions portées par de nombreuses organisations, à l’instar du Women’s Forum : « Notre rôle est de réfléchir aux côtés de grands groupes à des recommandations claires et concrètes en faveur des femmes. C’est-à-dire de proposer des projets qui fonctionnent et qui peuvent être développés dans d’autres pays. Et ensuite, de sensibiliser les gouvernements dans ce sens. », conclut Chiara Corazza. Dans quelques jours, elle et son équipe iront rencontrer plus de 2000 femmes issues du continent américain, du nord de l’Alaska au sud de la Patagonie en passant par Mexico, où les enjeux climatiques sont colossaux « Nous allons y aller avec des projets pour faire des propositions au ministre concerné et à la maire de Mexico, qui est une femme. Nous voulons trouver des solutions qui peuvent être adaptées à l’échelle du continent. » Une initiative qu’elle espère renouveler en septembre prochain à Singapour.

 

La rédaction HOW

par L'ADN

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