Internet, entre opportunités et menaces pour le CVC des années 90 (3/4)

1 août 2017

Après la seconde vague de Corporate Venture Capital, qui s’est créée en intégrant l’ordinateur comme un élément incontournable de l’innovation, la troisième vague s’est incontestablement dessinée autour de l’avènement d’Internet, qui étend à l’infini le champ des possibles…

Août 1995 : introduction en bourse de la société Netscape Communications Inc., un an après sa création et seulement 8 mois après le lancement de la première version de son moteur de recherche ! Le boom des « dot com » est lancé !

Marc Andreessen, fondateur de Netscape, à la une du Time en février 1996

Ainsi, entre 1995 et 2001, près de 100 nouveaux CVC firent leurs premiers investissements, avec un pic de nouveaux entrant durant l’année 2000, couplé à des investissements en hausse de 17 milliards de dollars (soit 25% du marché total cette année-là). Entamée sur la période précédente, l’internationalisation des CVC s’est également accentuée durant cette période. Nombreuses ont été les entreprises américaines ayant eu recours aux CVC afin d’accéder à de nouveaux marchés ou des technologies étrangères.

Le nécessaire décloisonnement de la R&D, afin d’expérimenter de nouveaux business models dans la conduite de l’innovation, constitue une autre grande raison de l’incroyable succès qu’a connu le CVC à l’aube des années 2000. La recherche d’une R&D alternative, permettant de dynamiser l’intégration de nouvelles technologies, a favorisé les investissements – passant de 4,4% en 1981 à 24,4% en 2009 – au sein de concurrents plus agiles (principalement des start-up).

Considéré comme un accès privilégié à de nouvelles technologies, nombreuses ont été les sociétés pharmaceutiques et les nouveaux géants du Net à devenir investisseurs au sein de CVC. Il est à noter également que le profil des entreprises participantes à ces programmes a connu un tournant radical. Ainsi, média et agences de publicité (Reuters, News Corp., WPP Group pour ne citer qu’eux), ont intégré les CVC pour la première fois.

Cette accélération du rôle et de l’importance des CVC s’est accompagnée de la mise en exergue de contradictions, notamment autour des compensations financières proposées aux investisseurs. Ainsi, GE Equity perdit en 1 an (entre 1998 et 1999) un total de 18 investisseurs, ces derniers préférant servir les intérêts de VC (private corporate venture) dont la grille de rémunération fut bien plus avantageuse. Malgré ces tensions (relatives), la période fut propice aux collaborations entre CVC et VC, permettant notamment à ces derniers de disposer d’un avantage compétitif en s’associant à un grand groupe.

Réunion au Palo Alto Research Center de Xerox

Le déclin de cette troisième vague fut marqué par des baisses massives sur le marché des actions. Entre mars et mai 2000, le Nasdaq chuta de 40% ! Nombreuses furent les entreprises de la nouvelle économie impactées et déclarées en faillite. Ainsi, par effet de ricochet, les multinationales, présentes derrière les CVC, furent contraintes de déprécier leur actif (pour un montant de 9,5 milliards de dollars sur le seul seconde trimestre 2001). Les conséquences de ces dépréciations ? Des programmes CVC tombés en disgrâce, voire tout simplement ignorés par leurs géniteurs. Ce sentiment d’abandon persiste encore aujourd’hui dans certains milieux.

Bien que marqué d’une mauvaise réputation (pour certains), le CVC remporta sur cette période assez de succès pour démontrer son importance et sa vitalité (lorsqu’il est entre de bonnes mains). Son retour sur le devant de la scène n’attend que l’émergence des nouvelles fortunes de la Tech

Plongez dans la suite de cette série pour découvrir la quatrième vague du CVC en cliquant ici !

Image Flickr

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