Du fordisme à la resocialisation des processus métiers des entreprises

Fondée en 2005, Jamespot, solution collaborative et sociale pour les entreprises, s’est rapidement implantée sur le marché des éditeurs de RSE en misant sur la socialisation des processus métiers.  Son credo : donner la possibilité à l’ensemble des collaborateurs d’accéder à un panel d’applications remettant l’humain au cœur de l’information et des décisions. Rencontre avec Matthieu Lluis, co-fondateur de Jamespot.

Hello Open World : Concrètement, quel est l’usage premier de Jamespot ?

Matthieu Lluis : En une phrase : ramener les salariés qui sont au plus proche du business et des clients dans les processus innovants. Historiquement les entreprises ont toujours structuré leurs activités dans des systèmes fermés, verticaux et orientés fonction. Or, nous passons aujourd’hui d’un fordisme des processus métiers à leur resocialisation autour de l’information. Et l’un des processus opérationnels clés de l’entreprise qui – de par l’accélération du monde et des technologies – a été renforcé ces dernières années, c’est l’innovation.

Jamespot a donc anticipé le mouvement en implémentant dans son store des applications dédiées à l’innovation, comme « Le labo d’idées » qui permet aux entreprises de lancer des campagnes d’innovation et d’outiller ses salariés pour les impliquer dans ces processus innovants. Afin de créer de la transversalité entre équipes R&D et métiers, nous donnons ainsi la possibilité de répondre à un appel à projet, de proposer des idées et de participer au prototypage, validés ensuite par la R&D.

HOW : Comment Jamespot s’intègre-t-il dans les processus ?

M.L : « Le réseau c’est le socle de la transformation numérique de l’entreprise »

Jamespot, qui est avant tout un fournisseur de solutions, intervient dès la genèse du lancement d’une campagne. La direction innovation définit un thème pour cette campagne, puis publie cet appel à contribution pour l’ensemble des collaborateurs. Dans un premier temps, les métiers suggèrent et partagent leurs idées, puis dans un second temps, les projets sélectionnés par la R&D et les personnes porteuses de l’idée disposent d’une semaine sur leur temps de travail pour affiner leur concept, définir le business model, le défendre devant une commission R&D dédiée, et enfin le prototyper.

HOW : Jusqu’où Jamespot accompagne-t-il le projet ?

M.L : Jamespot soutient cette démarche jusqu’à l’étape du prototypage, mais au-delà, propose au sein du réseau social qu’il met à disposition de l’entreprise, une suite de quatre-vingt applications – dont quatre axées sur l’open l’innovation – permettant aux métiers d’adopter un fonctionnement agile, itératif et créatif tout au long du projet. C’est ainsi que nous travaillons par exemple avec Elycorp dans le cadre de la méthode IASA (Innovation Agile et Sensible en Action). 30% des collaborateurs utilisent des outils de travail « non déclarés » auprès des SI

Dans ces processus agiles et de design thinking, nous nous inspirons beaucoup de la méthode Kanban, issue du toyotisme et du Lean, qui propose une visualisation de l’ensemble des connaissances relatives au travail et aux différentes étapes de l’avancement du projet (les tableaux Kanban).

En définitive, Jamespot « socialise » non seulement l’information au sein de l’entreprise, mais aussi – à l’heure où 30% des collaborateurs utilisent des outils de travail « non déclarés » auprès des SI (« Shadow IT ») – centralise et rend accessibles aux collaborateurs les applications de méthodes d’ingénierie en management et innovation.

HOW : Selon vous, quelles sont les prédispositions d’une entreprise à innover ?

M.L : L’innovation, c’est d’abord et avant tout une orientation, un état d’esprit impulsé par la gouvernance de l’entreprise, et donc une décision d’investir et d’instaurer de nouvelles méthodes. Les entreprises qui innovent réellement aujourd’hui ont dépassé le cadre de la boîte à idées. Elles sont capables de déclencher ce type de campagnes, de sélectionner les idées, d’en faire des prototypes et de les mettre sur le marché.

Image d’en-tête par Denis Barucija

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