La France lance un fonds de 65 millions d’euros pour accompagner les startups africaines

26 juin 2018

Nous en savons enfin davantage sur le fonds d’investissement à destination de l’Afrique annoncé par Emmanuel Macron lors de VivaTech.

Ce fonds de 65 millions d’euros sera administré par l’Agence Française de Développement (AFD) et permettra à la France de « prendre sa part au financement du développement des écosystèmes africains », a expliqué le président français lors du salon VivaTech le 25 mai 2018.

Cinq millions seront accordés aux startups africaines sous forme de prêts d’honneur d’un montant maximum de 100.000 euros. 10 millions serviront à fournir une assistance technique aux accélérateurs, hubs d’innovation, incubateurs et programmes de codage, de sorte à améliorer la formation des entrepreneurs. Les 50 derniers millions seront destinés aux startups en phase d’accélération qui recevront des investissements en capital-risque via Proparco, filiale de l’AFD avec des bureaux à Casablanca, Abidjan, Douala, Lagos, Nairobi et Johannesburg.

« Nous ciblons des entreprises jeunes et innovantes, capables de remédier aux problèmes de création d’emploi, d’accès aux services financiers, d’énergie, de santé, d’éducation, de biens et services abordables », a expliqué Christine Ha, chef de projet numérique chez l’AFD, à TechCrunch.

Répartition du fonds Digital Africa. Image de l’Agence Française de Développement

Ce fonds s’inscrit dans l’initiative Digital Africa ­lancée en 2016 par le gouvernement français pour soutenir l’écosystème tech africain. Cette initiative se limitait, jusqu’à présent, à un concours d’innovation dont l’objectif était de dénicher les startups en Afrique. Elle s’enrichira en novembre 2018 d’une plateforme numérique, digital-africa.tech, pour mettre en relation les différents acteurs de l’innovation, offrir un centre de ressources ainsi qu’un réseau de business angels.


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L’intérêt de la France pour le continent africain n’a rien de bien surprenant. L’Afrique n’en est qu’au début de sa révolution tech. On y compte seulement 0,3 startups pour un million d’habitants, contre sept en Inde et 43 en France, estime Rima Le Coguic, chargée du numérique et de l’électricité au sein de l’AFD.  De nombreuses startups pourraient voir le jour si le continent disposait de plus de capacités d’investissement. En attendant que le financement africain se structure, l’écosystème local a besoin de l’aide des bailleurs internationaux.

« Lorsque nous avions lancé Partech en Europe, la situation était analogue », explique Cyril Collon, general partner chez Partech Ventures, à Les Echos. « C’est le marché américain qui s’est d’abord intéressé à nos startups, avant que des acteurs européens soient capables de les racheter. C’est le cas aujourd’hui, et c’est le même schéma qui devrait se dérouler en Afrique dans les années à venir. » Toutes les aides, qu’elles viennent d’organisations supranationales, comme la Banque mondiale, d’organisations tech internationales, comme Google, Y Combinator ou Techstars, ou de pays, comme la France, sont donc les bienvenues.

En même temps, l’Afrique s’affirme comme un vivier d’innovations technologiques majeur. Le paiement mobile y est plus développé que nulle part ailleurs, tandis que la blockchain suscite l’intérêt toujours plus grandissant des gouvernements qui espèrent qu’elle permettra une émancipation économique.

Il y a donc un enjeu de taille pour les entreprises, quelle que soit leur nationalité, à participer au développement numérique du continent. « C’est impossible pour une entreprise d’occulter l’Afrique, ce serait comme occulter la Chine il y a 30 ans », nous expliquait récemment Baréma Bocoum, associé KPMG et coordinateur de l’équipe Deal Advisory Afrique.


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Les fonds d’investissement occidentaux l’ont bien compris et n’hésitent plus à financer des entreprises africaines. C’est le cas de Partech Ventures qui a lancé un fonds africain de 70 millions de dollars.

La France s’inscrit, logiquement de part son histoire commune et sa proximité géographique, dans cet essor de la tech africaine.

Image d’en-tête par Pierre Metivier

La rédaction HOW

par L'ADN

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