L’ambassadeur numérique, un partenaire stratégique pour les entreprises

7 décembre 2018

Depuis le 15 novembre 2018, Henri Verdier est le nouvel ambassadeur du numérique de la France. Quel est le rôle de ce haut fonctionnaire rattaché au quai d’Orsay ? Et quelles seront ses relations avec les entreprises privées ?

Peu connu des diplomates, mais bien connu des spécialistes des questions liées au numérique, Henri Verdier vient de succéder à David Martinon au poste d’ambassadeur du numérique de la France. Avant cela, il a été directeur interministériel du numérique au sein du gouvernement, directeur du pôle Etalab rattaché au Premier Ministre et membre du board du pôle de compétitivité Cap Digital.

La tâche qui l’attend est complexe, car le portefeuille de ce diplomate d’un genre nouveau n’a cessé de s’élargir, à mesure que les questions de gouvernance d’Internet se trouvent liées à des questions stratégiques de cyberdéfense ou de manipulation de l’information. Ces dernières années, la diplomatie numérique s’est également déportée sur un terrain relativement nouveau : le monde des entreprises privées, et plus précisément celui des grandes plates-formes comme les GAFAM.

Henri Verdier

En effet, grâce à leur avance en matière de gestion des algorithmes, leur expertise très pointue sur les questions de cybersécurité ou bien simplement du fait du nombre considérable d’utilisateurs actifs qu’elles revendiquent (2 milliards pour Facebook), les GAFAM sont désormais des acteurs de premier plan du jeu diplomatique. Certaines entendent même peser de tout leur poids, à l’instar de Microsoft qui milite ouvertement pour une « convention de Genève du numérique », c’est à dire un texte qui encadre la question des droits fondamentaux dans le cyberespace, notamment en cas de conflit géopolitique.

Concrètement, Henri Verdier devra dialoguer, convaincre et négocier avec ces géants, notamment lorsque ceux-ci se montrent peu enclins à respecter le droit étatique. Pour certains spécialistes, les GAFAM se voient comme des entités souveraines, au même titre que les Etats. Récemment aux Etats-Unis, la firme Apple a refusé aux agents du FBI l’accès au téléphone du terroriste de San Bernardino, et ce en invoquant la protection des données de ses clients. David Martinon, le prédécesseur d’Henri Verdier, avait quant à lui dû batailler avec Facebook, Youtube et Twitter pour obtenir l’identification puis le retrait des contenus à caractère terroriste.

Dans un cyberespace marqué par les soubresauts et les tensions géopolitiques, la tâche du diplomate du numérique Henri Verdier sera donc d’entretenir un dialogue permanent, sans pour autant céder face aux GAFAM, ces négociateurs d’un genre nouveau. Au nord de l’Europe, au Danemark, le poids des géants de la Silicon Valley ne fait plus aucun doute : le gouvernement a donc décidé de nommer un ambassadeur spécialement auprès des GAFAM ! Gageons qu’Anders Samuelsen et Henri Verdier auront fort à faire en commun.

La rédaction HOW

par L'ADN

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