L’analyse des données, un enjeu de confiance et/ou de gouvernance ?

13 juin 2017

Considérée comme un véritable outil de stratégie marketing, l’analyse de données peine pourtant à s’imposer en France. Les dirigeants et dirigeantes d’entreprises ont encore du mal à se fier au modèle analytique.

L’analyse des données est de plus en plus perçue comme un véritable actif au service de la stratégie et de la performance de l’entreprise. Près de la moitié des dirigeants interrogés, au sein de l’étude KPMG/Forrester « Building trust in analytics », l’utilisent pour analyser les données clients existantes, trouver de nouveaux clients et développer de nouveaux produits et services. Notons que les dirigeants français sont les plus enclins à établir des plans de développement sur l’analyse prédictive (45% vs. 24% dans le monde) et la visualisation exploratoire (49% vs. 21% dans le monde).

Pour autant, concernant l’usage des données visant à améliorer la prise de décision, l’écart de compétitivité se creuse entre les entreprises hexagonales et le reste du monde, notamment en termes de compréhension du contexte d’usage d’un produit (51% vs. 70% dans le monde), du suivi des marques sur les réseaux sociaux (48% vs. 67% dans le monde) et de la maintenance des actifs (51% vs. 65% dans le monde). Ainsi, seuls 23% des dirigeants français sont confiants dans l’efficacité des données utilisées, tous ne voyant pas encore les bénéfices concrets qu’ils pourraient en retirer.

Ce déficit de confiance dans le modèle analytique de l’entreprise place la gestion du cycle de vie des données au cœur des préoccupations des dirigeants. Ainsi, la confiance décroît à chaque nouveau stade de maturité de la donnée, de la création/collecte à la mesure de son efficacité, en passant par la phase de préparation/agrégation mais également d’utilisation et de déploiement. Au-delà d’un problème de compétitivité, la maîtrise de l’analytique pose aux entreprises la question d’exposer leur marque à de nouveaux risques. A l’échelle mondiale, 70% des dirigeants interrogés croient qu’en utilisant la donnée, ils accroissent le risque de réputation de leur entreprise (vente abusive de biens ou de services, violation des données…).

Bien que l’analytique transforme l’entreprise et son activité en profondeur, nombre des dirigeants peinent à en mesurer la valeur. A l’échelle mondiale, près de la moitié des dirigeants interrogés ne soutiennent pas pleinement la stratégie analytique de leur entreprise.

L’analytique est un effort collectif. D’où l’importance d’impliquer les dirigeants et leurs équipes à chaque étape du cycle de vie des données, pour présenter un projet qui aide à la décision et tirer un maximum de bénéfices de l’analytique.

Image d’en-tête par Sitthiphong

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