Le virage numérique du plan « Ma Santé 2022 »

12 février 2020

Le gouvernement annonçait en 2018 le lancement d’un vaste plan de transformation du système de santé. 2 ans plus tard, où en est sa mise en œuvre ? Décryptage des principales mesures en faveur de la e-santé et de leur impact sur le parcours patient.

Annoncé en février 2018, officiellement lancé en septembre suivant et renforcé par l’adoption d’une loi relative à l’organisation et la transformation du système de santé en juillet 2019, le plan « Ma Santé 2022 » a pour but de réformer profondément le système de santé français pour l’adapter aux défis d’avenir. Structuré autour de trois volets : la formation des futurs personnels soignants, la lutte contre les déserts médicaux et la transformation numérique, il place l’expérience utilisateur au cœur de sa stratégie.

E-parcours patient, e-prescription, e-CPS (carte professionnelle) : la e-santé se décline désormais à tous les points d’étape. Encore sous-exploité dans le monde médical français, le numérique doit permettre d’optimiser le parcours de soin et de libérer du temps aux professionnels, tout en rendant le citoyen acteur de sa santé. L’axe digital du plan « Ma Santé 2022 » vise à offrir tant aux patients qu’aux professionnels un bouquet de services numériques intégrés, sécurisés, faciles d’utilisation et accessibles depuis tous les supports utilisés pendant le parcours patient.

Pour ce faire, la feuille de route présentée par la Délégation ministérielle du numérique en santé se découpe en 5 grandes orientations : renforcer la gouvernance du numérique, intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information, accélérer le déploiement des services numériques socles, déployer au niveau national des plateformes numériques de santé et soutenir l’innovation pour favoriser l’engagement des acteurs. Les défis sont nombreux et ne concernent pas que le secteur de la e-santé : les questions de la sécurisation des données collectées sur les plateformes et de la mise en place d’instances de gouvernance se posent aujourd’hui dans tous les secteurs publics ou privés.

Côté patient, la création d’un espace digital individuel et personnalisé offrira à chacun les moyens de maîtriser son parcours de soin. En rassemblant en un même lieu sécurisé l’historique des soins, les prescriptions dématérialisées et les contacts de l’équipe soignante, le gouvernement entend rendre les particuliers acteurs de leur parcours. Côté professionnels, un service d’agendas partagés, l’échange d’avis médicaux et le partage des données facilitera les alertes et l’optimisation des soins – tout en prévenant les dérives. La dématérialisation de la carte professionnelle fluidifiera également l’authentification et les mobilités.

A mi-parcours, les résultats du plan « Ma Santé 2022 » sont déjà perceptibles dans les universités et les établissements de santé. La loi de juillet 2019 a notamment permis d’accélérer le virage numérique en déployant massivement la télémédecine et en autorisant de nouvelles professions de santé à la pratiquer (comme les orthophonistes). La création du Health Data Hub a par ailleurs renforcé l’architecture des données médico-administratives, comme nous l’expliquait David Amorim. Néanmoins, le chantier de la réforme de la e-santé ne fait que commencer. La grève en cours souligne les difficultés du système et la nécessité d’une bouffée d’oxygène. A défaut d’être financière, celle-ci viendra-t-elle de la tech ?

La rédaction HOW

par L'ADN

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