Learning expeditions : faut-il nécessairement aller loin et longtemps ?

L’important avec les « learning expeditions », ce n’est pas la destination ou la durée, c’est l’état d’esprit.

Une semaine dans la Silicon Valley, trois jours à Séoul… Les « learning expeditions » donnent parfois l’impression d’être des vacances tous frais payés, des récompenses pour les membres du comex. Pourtant, l’image est trompeuse. Les « learning expeditions » ne sont pas toutes des séjours luxueux à l’autre bout du monde, certaines ont lieu sur une journée à moins de 30 minutes de transport. Mais ont-elles le même impact ? Faut-il nécessairement aller loin et longtemps pour changer sa vision de l’innovation ?

Effet de secousse

Les « learning expeditions » sont des voyages exploratoires qui permettent à des dirigeants de rencontrer des sociétés qui incarnent l’innovation. Ce sont généralement des startups, mais aussi des acteurs historiques d’un secteur qui ont réussi leur transformation. En sortant ainsi de leurs bureaux et de leur zone de confort, les dirigeants sont amenés à se projeter dans l’avenir et à repenser leurs modèles.

« Ces expéditions permettent de se décentrer, de se décadrer, de s’inspirer et de créer un électrochoc collectif», estime Julien Pavillon, directeur Strategy & Business Transformation chez KPMG, qui organise des « learning expeditions » pour les entreprises du secteur de l’assurance. Cet électrochoc permet ensuite, selon lui, de créer un terreau propice pour engager une réflexion collective sur les nécessaires transformations d’avenir.

Pour Dominique Piotet, CEO de l’agence Fabernovel à San Francisco et organisateur, à ce titre, de « learning expeditions » aux États-Unis, ces voyages permettent aux comités exécutifs et groupes dirigeants de se remettre dans une posture d’apprentissage. « C’est un moment pendant lequel ils vont sortir de leur bureau, découvrir des angles différents, être étonnés, surpris », explique-t-il. Selon lui, en se permettant cette interlude de lâcher prise, les participants peuvent plus facilement repenser leur business et leur relation avec les clients.

Ce n’est pas la durée qui compte

Faut-il nécessairement aller loin pour être surpris et sortir de sa bulle ?

« D’une certaine façon, le lieu importe peu, estime Dominique Piotet. Ce qui importe c’est la posture. Si vous voulez comprendre les grandes tendances de l’innovation, les dernières solutions en IA, c’est intéressant d’aller à San Francisco ou Shanghai. En revanche, si votre objectif est de mieux comprendre vos clients, de se mettre dans leur peau, aller en banlieue parisienne peut être tout aussi pertinent. » Pour lui, qu’importe si l’expédition dure 24h ou une semaine, l’important, c’est de réussir à lâcher prise, même s’il convient « qu’il est plus difficile de lâcher prise quand on est près de chez soi ».


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Heureusement, il est possible d’aider au lâcher prise. « Cela fait 15 ans que nous faisons des « learning expeditions ». Nous avons développé des méthodologies pour mettre les gens dans le bon état d’esprit : ice breakers, workshops en amont, etc. L’essentiel, c’est de sortir de son bureau avec des collègues », continue-t-il.

L’important, c’est ce qui se passe après

Les deux hommes s’accordent sur un point, ces expéditions ne sont pas des solutions magiques. « La « learning expedition » n’est pas une finalité, c’est un moyen d’engager une réflexion collective », martèle Julien Pavillon. Chez Fabernovel, on voit ces expéditions comme un des outils d’une boîte à outils. Il faut en combiner plusieurs pour aboutir à un nouveau produit, une nouvelle stratégie ou un nouveau business model.

« Ce qui compte ce n’est pas la « learning expedition », c’est le retour. Si vous revenez de la Silicon Valley et que vous n’en faites rien, vous n’aurez rien fait de plus que du tourisme. La vraie valeur de l’expérience, c’est d’accélérer une transformation », ajoute Dominique Piotet. Il met d’ailleurs un point d’honneur à accompagner ses clients à leur retour. Julien Pavillon aussi. Il organise ainsi des séminaires après les « learning expeditions » pour les faire travailler en méthode agile sur les challenges à relever. « Grâce à la « learning expedition », les clients parviennent à penser différemment », explique-t-il.

Bien faite, une « learning expedition » permet d’apporter une nouvelle dynamique à l’entreprise, elle aide les dirigeants à se faire confiance et à tenter, à sortir de la prudence du monde corporate.

Image par Michal Pechardo

La rédaction HOW

par L'ADN

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