L’évolution de la smart city, des télécoms au big data

9 janvier 2019

Retour sur l’atelier organisé par l’équipe Hello Open World et Nextdoor autour des nouvelles technologies et solutions innovantes dans le domaine de la smart city.

La smart city n’est pas un concept récent ou lié à l’émergence des nouvelles technologies : il s’agit d’abord d’une ville durable, conçue pour optimiser les coûts, respecter l’environnement et augmenter le bien-être de ses habitants. Selon Gonzague Dejouany, président de The Nesting Company, les smart cities existaient déjà avant l’apparition des machines : l’ensemble palatial de l’Alhambra à Grenade, érigé entre les XIIIe et XVe siècles, a ainsi été conçu dans un souci d’optimisation et de bonne gestion des ressources naturelles disponibles (maîtrise de l’eau, permaculture, implantation des bâtiments en fonction des conditions d’ensoleillement etc.), en faisant l’ancêtre des villes intelligentes modernes.

« Smart city, cybercité ou ville numérique, l’objectif reste le même : mettre à profit les nouvelles technologies pour améliorer la vie des habitants, par exemple en termes de transport ou d’accès à la culture » indique Éric Legale, directeur général d’Issy Média. D’où la nécessité d’une volonté publique forte : les habitants d’une smart city espèrent d’abord plus de services, sans toujours être prêts à payer davantage d’impôts locaux pour y avoir accès. Les expérimentations se situent généralement sur le terrain des transports et de la gestion des flux urbains, un secteur dans lequel les attentes des usagers sont élevées et les solutions visibles.

Des télécoms au big data

Alors qu’il y a 25 ans, la smart city était une notion technologique principalement maniée par les géants des télécoms pour vendre leur offre de « protection des citoyens » aux collectivités, la définition a évolué avec l’émergence du big data, selon Thomas Peaucelle, président de de KAIROS-c2i. Les villes ont progressivement été amenées à s’interroger sur l’exploitation des données collectées sur l’espace urbain et ses usagers. L’observation des flux permet ainsi d’améliorer la circulation, quand la collecte de données sur les infrastructures de loisir, par exemple, permet d’anticiper les besoins en personnel selon les heures de fréquentation.


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Créer la bonne gouvernance

Pour fonctionner de façon vertueuse, une smart city s’appuie aujourd’hui sur les technologies de l’information et de la communication, qui visent à améliorer la qualité et la performance des services urbains pour réduire à la fois les coûts et la consommation des ressources. Elle utilise également les dispositifs connectés pour optimiser l’efficacité des opérations et renforcer les interactions entre les citoyens et les représentants municipaux. La centralisation et l’analyse des données collectées est un enjeu essentiel pour connecter ces différents leviers et permettre aux smart cities d’ajuster leurs politiques économiques et environnementales.

L’enjeu de la protection des données citoyennes

Si la data a ouvert le champ des possibles pour améliorer la gestion des collectivités, elle représente également un risque de cybersécurité. Selon Philippe Gaillard, président de CyberD, la « surface d’exposition » d’une smart city est considérable, notamment lorsqu’il n’existe pas de gouvernance centralisée. La multiplication des prestataires et de technologies juxtaposées les unes aux autres sans être toujours être bien protégées ouvre la voie aux hackers, capables de remonter les données jusqu’aux individus.

Pour minimiser les risques, Philippe Gaillard suggère à la fois de mieux former le personnel qui exploite les données (techniciens et agents des collectivités) et de mettre en place une gouvernance en mesure de veiller à l’interopérabilité des dispositifs. Les usagers eux-mêmes gagneraient à être mieux informés. Enfin, si le risque zéro n’existe pas, la prudence est de mise lors du déploiement des nouvelles technologies, qui doit être ajusté au développement économique et aux besoins de la collectivité. En ce sens, la smart city n’a pas de modèle économique unique : on peut bien parler des smart cities.

La rédaction HOW

par L'ADN

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