[VivaTech XP] « L’idée est que tout le monde possède son robot qui l’assiste au quotidien »

« Quand j’étais petit, je pensais qu’en 2019 tout le monde aurait des robots comme compagnon. En voyant que ce n’était pas le cas et après une longue expérience dans la robotique, j’ai décidé de lancer Blue Frog Robotics et de travailler sur BUDDY : le premier robot compagnon émotionnel », nous raconte Rodolphe Hasselvander, qui viendra nous présenter BUDDY sur le stand KPMG lors de VivaTech. Aujourd’hui, Rodolphe nous explique comment la robotique peut faciliter le quotidien des seniors.

Robot et seniors : quel futur nous attend ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnes âgées sont placées dans des structures spécialisées pour bénéficier d’un accompagnement quotidien. Ma conviction, c’est qu’une partie d’entre elles pourraient être maintenues à domicile grâce à l’assistance quotidienne d’un compagnon robotique. Sans le côté intrusif que peuvent avoir les caméras, un robot peut vérifier qu’il y a bien une activité, que la personne n’a pas besoin d’assistance. Il peut se balader dans la maison et interagir avec ses propriétaires à la manière d’un animal de compagnie. Il peut aussi être contrôlé à distance par des proches qui s’inquiètent, ou rappeler des gestes quotidiens comme la prise de médicaments.

La robotique est également une piste pour combattre un autre fléau chez les seniors : la solitude. Car c’est surtout le lien social et émotionnel qui est important. Un robot peut tenir une conversation ou même stimuler la mémoire d’une personne atteinte d’Alzheimer à travers des tests et des jeux. Les robots peuvent non seulement apporter une présence quotidienne, mais également faciliter l’utilisation de technologies qui peuvent sembler complexes. BUDDY permet, par exemple, d’utiliser Skype sans manipulations compliquées. Il permet ainsi à un senior de communiquer plus simplement avec sa famille et ses petits-enfants.

Demain, je souhaite que tout le monde possède son robot pour l’assister au quotidien, qu’il offre à des seniors la possibilité de vivre chez eux plus longtemps et dans de meilleures conditions.

Vous parlez de lien émotionnel. Comment se créent ces liens avec la machine ?

Le design est une première piste pour aider un robot à s’intégrer dans le quotidien d’une personne âgées. La théorie scientifique appelée « la vallée de l’étrange » du roboticien japonais Masahiro Mori – publiée en 1970 et toujours valable aujourd’hui – explique que plus un robot androïde est similaire à un être humain, plus ses imperfections paraissent monstrueuses. Avec BUDDY, nous avons essayé de ne pas tomber dans ce piège : notre robot est petit (il ne mesure pas plus de 60 cm), il ne cherche pas à imiter la forme humaine pour éviter ce côté dérangeant et nous avons cherché à le rendre « mignon ».

Ensuite, il faut offrir au robot une palette d’émotions qu’il communiquera en fonction de ses interactions. C’est une manière de le rendre plus proche et plus « compréhensible » pour l’être humain. Aujourd’hui, la technologie permet à un robot de sentir les caresses, de tisser des liens. Comme un être vivant, il pourra parfois être grognon le matin ou encore vous demander de l’attention. Et il vous accueillera avec autant d’enthousiasme qu’un animal de compagnie !

Comment la robotique peut s’intégrer dans des structures existantes comme les Ehpad, les hôpitaux, les écoles, etc. ?

La robotique peut apporter de l’aide partout où il y a des personnes en attente d’accompagnement. Aujourd’hui, 100 personnes âgées sont placées en Ephad pour 22,8 postes d’aides soignants. Ils font un travail formidable mais ne sont pas suffisamment nombreux pour proposer un accompagnement personnalisé et suivi de chaque personne âgée. Les robots peuvent s’intégrer dans les Ephad pour libérer les soignants de certaines tâches et leur permettre de se concentrer sur des celles qui ont la plus forte valeur ajoutée. Ils peuvent aider à la surveillance des pensionnaires, leur permettre de recréer du lien social et de stimuler leur mémoire. De notre côté, nous allons déployer quelques robots en Ehpad, et nous sommes également en discussion avec plusieurs hôpitaux.

Côté écoles, l’approche est différente mais tout aussi prometteuse. Les robots comme BUDDY sont un outil de plus en plus important pour aider et accompagner les enfants autistes qui ont généralement du mal à communiquer, à interpréter les expressions du visage et à réagir en retour. Le robot, par un certain nombre d’exercices pédagogiques, va leur apprendre petit à petit, en leur permettant d’effectuer des exercices répétitifs sans jamais les stresser. Dans un autre registre, ils peuvent également apprendre aux enfants à coder.

 

 

La rédaction HOW

par L'ADN

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