L’incroyable expansion du CVC à l’ère des géants de la tech (4/4)

7 août 2017

Après une troisième vague de Corporate Venture Capital centrée autour d’Internet, une quatrième vague démarre en 2002, à la suite de l’explosion de la bulle Internet. Si cette dernière ralentit les activités des CVC, elle ne cause pas pour autant leur disparition, et l’avènement des réseaux sociaux (Facebook en tête) ainsi que du smartphone (représenté par l’iPhone) dans les années 2010 va leur donner un nouvel élan.

Quand certaines entreprises choisissent de fermer leur activité de CVC après l’éclatement de la bulle Internet, d’autres, notamment dans le secteur pharmaceutique, continuent d’y investir, permettant une modeste reprise de l’activité jusqu’à la crise de 2008. Celle-ci freine les premiers élans et ralentit la reprise de l’activité, mais deux évènements contribuent cependant à relancer la politique CVC à cette période. En 2007, Microsoft investit 240 millions de dollars dans Facebook, démontrant ainsi l’intérêt majeur porté aux débuts des réseaux sociaux – même si le montant de la transaction, qui ne représente que 1,6% de la capitalisation de Facebook cette année-là, semble faible au regard de la puissance financière de l’éditeur de suite Office. Puis, en 2008, c’est Google qui décide de lancer Google Ventures, devenu aujourd’hui l’un des CVC les plus respectés.

Stimulées par ces investissements, les affaires reprennent sérieusement dès 2011. Les chiffres de 2015 et de 2016 dépassent largement le record de 2000, avec respectivement 28,4 et 24,9 milliards de dollars financés via les CVC, contre 16,8 en 2000. Comment expliquer un tel regain d’intérêt ? Désormais les plus gros CVC viennent de la tech ! Ainsi, Microsoft, qui durant les années 1990 investissait dans des start-up sans véritable programme dédié, a aujourd’hui développé un modèle mature de CVC à travers Microsoft Ventures. Ce dernier privilégie les start-up B2B travaillant sur le cloud et les applications orientées business en SaaS (Software as a Service), soit le cœur de métier de l’entreprise fondée par Bill Gates. L’idée, pour le géant amércain, est de leur apporter la meilleure aide et le meilleur support technique possible, afin de favoriser l’émergence de passerelle avec l’écosystème Microsoft.

En parallèle, l’avènement des réseaux sociaux et des smartphones apporte avec lui de nouvelles tendances. Ainsi, 63% des investissements des CVC s’intéressent à Internet et au mobile en 2016, selon CB Insights. Bien que dominantes, les entreprises technologiques ne sont pas les seules à s’intéresser à ces programmes, des entreprises du secteur agro-alimentaire comme 7-Eleven, Campbell Soups et General Mills, créent également leur structure (afin de répondre aux nouvelles attentes des Américains pour une alimentation toujours plus saine notamment). Cette tendance, qui n’était pas prévisible il y a encore dix ans, permet à des entreprises comme General Mills de se positionner, de manière plus réactive, sur des marchés en croissance (et ainsi de s’éviter de coûteux développements en interne).

Alors, les CVC ont-ils vraiment changé depuis 1914 et leur développement par les géants de l’industrie comme DuPont ? Nagraj Kashyap, dirigeant de Microsoft Ventures, est convaincu que les conditions de marché ont fondamentalement changé depuis l’éclatement de la bulle Internet. Désormais, les investisseurs n’exigent plus des retours sur investissement immédiats, mais privilégient le long terme. En parallèle, les CVC ont vu leur modèle structurel évoluer, grâce à des ressources financières démultipliées couplées à une connaissance plus fine des marchés. Si le risque de dysfonctionnement ne peut être écarté, les CVC semblent avoir tiré les leçons du passé… en  attendant (peut-être) une cinquième vague ?

Crédit Illustration : Filik Zhong – CG Society

 

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