LinkedIn veut aussi recruter vos candidats

30 octobre 2018

Le réseau social aux 16 millions d’utilisateurs en France vient d’annoncer le lancement de son propre système de gestion des candidats

Après avoir révolutionné la chasse de tête et la veille concurrentielle, LinkedIn s’attaque désormais au marché des ATS (comprenez : « applicant tracking system »), ces logiciels utilisés par les RH des moyennes et grandes entreprises pour suivre et gérer leurs recrutements. L’annonce de la mise en ligne de ce nouveau produit lors de la dernière conférence Talent Connect du géant américain a de quoi inquiéter ses concurrents.

De la mise en ligne des offres d’emploi à l’envoi des contrats, en passant par l’organisation d’entretiens d’embauche et l’envoi de mails automatiques, l’ATS sert d’interface entre les recruteurs et les candidats. Il permet aux premiers de monitorer toutes les étapes du processus de recrutement sur une seule plateforme, et aux seconds de suivre l’avancée en direct de leur candidature. Qui a déjà postulé sur un site de recrutement généré par un ATS connaît cependant ses limites : une ergonomie austère voire datée, un chemin utilisateur souvent trop long et semé d’embûches, des formats encore peu responsives et impossibles à consulter sur mobile… Il en faudrait moins pour décourager un jeune diplômé d’aller au bout du processus.

Crédit : Linkedin

Avec son ergonomie made-in-California et ses algorithmes d’intelligence artificielle, LinkedIn présente de sérieux atouts pour conquérir le cœur des RH et rafler des parts de marché. Depuis son rachat par Microsoft en 2016, le réseau social a déjà multiplié les outils (payants) à destination des recruteurs : licences de chasse de tête, mise en ligne d’offres d’emploi, gestion de campagnes marketing… L’un des avantages de la nouvelle plateforme « Talent Hub » sera de rassembler en un seul endroit ces différents produits, jusqu’ici éparpillés sur des onglets séparés. Un agencement à la fois peu ergonomique et peu pertinent dans la mesure où la plupart de ces services s’imbriquaient les uns dans les autres : un recruteur pouvait ainsi chasser des candidats et lancer une campagne de sponsoring pour une offre mise en ligne sur LinkedIn sans que les données ne soient croisées automatiquement. Ce sera désormais le cas.

En se lançant sur le marché des ATS, le géant américain intègre dans son offre tout-en-un la partie du processus de recrutement qui lui échappait jusqu’à présent, parce que confiée par les entreprises à d’autres prestataires : la gestion des flux de candidature et les échanges avec les candidats retenus pour les entretiens. LinkedIn continuera cependant à intégrer les ATS utilisés par ses clients à ses propres services, c’est-à-dire à rediriger sur les plateformes de Taleo & consorts les internautes ayant postulé à une offre postée sur son réseau social. Un compromis de raison, les entreprises déjà engagées avec un prestataire n’ayant pas toujours la possibilité d’en changer rapidement. LinkedIn se posera donc à la fois comme une solution de complément… et un concurrent.


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Fort de ses 600 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 16 millions en France, LinkedIn mise sur sa puissance de frappe pour développer rapidement son ATS, conçu en priorité pour les petites entreprises. Le logiciel, actuellement testé en pilote par une vingtaine de clients, sera lancé en version bêta en février 2019 avant un déploiement à plus grande échelle. Alors que Facebook a lancé sa propre plateforme de recrutement en mai, s’adressant en priorité à l’emploi local et non diplômé, le réseau dirigé par Jeff Weiner a su se rendre indispensable aux cadres pour networker, suivre des MOOCs ou maintenir une veille sur leur secteur d’activité. Les autres acteurs du marché peuvent se préoccuper de voir le géant américain venir débaucher sur leurs platebandes…

La rédaction HOW

par L'ADN

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