Le mentoring et l’intrapreneuriat pour engager ses collaborateurs, ça marche ?

Le succès d’une entreprise repose, en partie, sur l’engagement de ses collaborateurs. Pour développer cet engagement, l’intrapreneuriat et le mentoring sont des solutions gagnantes-gagnantes : ils permettent aux collaborateurs de grandir, de faire grandir l’entreprise et de participer au développement de nouveaux projets. La preuve avec le programme ChangeMaker et le programme d’intrapreneuriat de KPMG.

Le capital humain est le premier capital de l’entreprise. Recruter et fidéliser les meilleurs talents et les accompagner dans leur carrière développe leur engagement, leur créativité et leur productivité. Un cocktail synonyme de succès pour une entreprise, mais aussi de responsabilité, comme l’a expliqué Nicolas Richard, Associé et membre du Comex de KPMG, lors de l’édition VivaTech 2019. L’entreprise a ainsi développé deux programmes permettant aux collaborateurs d’allier compétences et nouveaux terrains d’expression.

ChangeMaker : s’appuyer sur les compétences des collaborateurs

KPMG a ainsi lancé le programme de mécénat de compétences ChangeMaker au sein de sa Fondation. Récemment, cette initiative a pris une nouvelle ampleur suite au partenariat avec la Fondation la France s’engage. Ce sont 100 jours de mécénat de compétences qui sont proposés à des acteurs de l’innovation sociale, dont des start-up sociales, afin de répondre à leurs enjeux de développement stratégique et de changement d’échelle. Cela permet aux structures accompagnées de bénéficier gratuitement des compétences professionnelles d’un salarié qui interviendra durant son temps de travail dans le cadre d’une mission précise. Et avec plus de 9600 collaborateurs en France, le cabinet dispose d’un vivier d’idées et de talents indéniable !

Programmes d’intrapreneuriat : déceler le potentiel d’innovation des collaborateurs

KPMG a également créé son propre programme d’intrapreneuriat pour accompagner les collaborateurs dans le développement d’une idée ou d’un projet. Il s’articule en trois étapes : une phase de dépôt d’idées animée à travers une plateforme interne, une phase de sélection des dossiers et une phase d’accompagnement. “Le principe même de l’engagement, c’est de partir d’une démarche personnelle du collaborateur et de l’accompagner. L’entreprise est là pour lui donner la possibilité d’aller au bout de sa démarche, souligne Nicolas Richard. Tous nos projets n’ont pas vocation à être uniquement liés à l’innovation, la dimension humaine est importante. Nous ne sommes pas exclusifs, mais nous sommes sélectifs.”

Depuis septembre 2018, 30 intrapreneurs ont ainsi été incubés. Une fierté pour Chloé Peccatte, manager du programme, qui les a accompagnés. “La dernière phase consiste à faire passer les collaborateurs dans notre dispositif, détaille-t-elle. Nous les formons aux méthodologies design thinking et lean startup, nous travaillons avec eux leur posture de chef d’entreprise et nous leur apportons une ouverture à l’écosystème externe. Ils développent un nouveau rapport au client puisqu’ils sont désormais dans un rapport de co-création avec eux en intègrant leurs feedbacks tout au long du développement.” Quand le collaborateur apprend à devenir entrepreneur…

Comment devient-on entrepreneur ?

C’est la voie empruntée par Manon Espitalier qui a profité du dispositif d’incubation cette année, avec une collègue. “J’ai commencé à travailler chez KPMG il y a cinq ans. J’avais besoin de nouveaux challenges, j’avais envie d’évoluer. Je suis spécialisée dans le secteur de la santé et on avait identifié de nouvelles opportunités que nous n’avions pas le temps de développer, alors on a déposé notre idée sur la plateforme et nous avons été sélectionnés.” Mais de l’idée à sa réalisation, le parcours n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut maintenir le cap, et c’est là que le dispositif d’incubation joue tout son rôle. “On a dû apprendre à pitcher, à partir des besoins clients pour développer notre solution alors que jusqu’ici, nous faisions plutôt l’inverse. Nous avons appris à intégrer la posture entrepreneuriale, à être agiles, à rebondir aussi après quelques échecs…”, énumère la jeune femme, qui salue l’incroyable expérience que cela représente. Car comme le souligne justement Bouchra Aliouat, secrétaire générale de la Fondation d’entreprise KPMG, “avec ce dispositif, de nouvelles compétences se créent.”

“Je ne sais pas si elles se créent ou si elles se révèlent, renchérit Nicolas Richard, mais je suis toujours bluffé par ces nouveaux talents qui vont plus loin que le métier que leur a confié l’entreprise. “Reste une dernière étape, la raison d’être du programme, la plus délicate aussi : la commercialisation du projet. “L’intrapreneuriat, ce n’est pas du développement personnel. On les fait créer leur boîte, donc on veut des personnes qui soient capables d’être des chefs d’entreprise”, poursuit-il.

Faire rimer sens avec performance

L’enjeu n’est pas qu’individuel, il concerne aussi l’entreprise. En misant sur ses talents, elle apporte la preuve de son engagement et porte haut ses valeurs. Or, de plus en plus de salariés questionnent les valeurs de l’entreprise et le sens de leur travail. L’intrapreneuriat peut aider à concilier les deux. “Les entreprises ont ce rôle à jouer. D’un côté parce que c’est une demande de leurs salariés et de la société civile, d’avoir des entreprises avec du sens, de l’autre, parce que l’Etat ne peut pas tout faire”, souligne Alicia Izard, responsable de projet Mécénat et investissements citoyens des Entreprises pour la Cité. Le monde de demain se construit avec les entreprises, nous avons donc besoin d’entreprises engagées. Comme le résume Nicolas Richard : “Une entreprise ne peut pas vivre sans se préoccuper de la société dans laquelle elle vit.”


Trois conseils pour lancer son incubateur interne, par Chloé Peccatte

1. Avoir une approche holistique

“On met souvent l’emphase sur la partie « incubation » qui permet de développer rapidement une nouvelle idée avec de nouvelles façons de travailler. Cela permet de communiquer sur des exemples et des résultats concrets. Or, il ne faut pas oublier que ces projets existent grâce à de nombreuses activités clés qui sont la partie « immergée de l’iceberg » : formations, événements, communication,… Il y a toute une acculturation à prévoir pour encourager les gens à, d’abord assumer, puis partager leurs idées.”

2. Gérer les parties prenantes

“Il ne faut pas oublier que l’intrapreneuriat ne concerne pas que les personnes incubées. Le travail en mode entrepreneurial  a aussi un impact sur leurs managers, leurs collègues et les fonctions support. Détacher partiellement un collaborateur de sa BU pour l’intégrer dans un incubateur et lui donner un rôle qu’il n’avait pas auparavant peut susciter interrogations et jalousie. Autour du dispositif d’intrapreneuriat, il y a donc un effort de pédagogie et de conduite du changement à mener sur un large panel de parties prenantes.”

3. Travailler la notion de frontière

“Les intrapreneurs se trouvent à la frontière de deux mondes : le monde de l’entreprise où ils ont leurs routines et le monde de l’incubateur où on leur demande de casser ces routines pour innover. Le rôle du manager de l’incubateur est de constamment gérer cette frontière de sorte que les intrapreneurs aient assez de liberté pour travailler différemment sans pour autant faire des projets qui se développent hors sol.”

La rédaction HOW

par L'ADN

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