Michelin, acteur de la mobilité durable

Pour durer dans le temps, une entreprise doit d’abord pérenniser le secteur dans lequel elle évolue. C’est le cas pour Michelin qui multiplie les initiatives en faveur de la mobilité durable. Interview croisée de Nicolas Beaumont, directeur du développement et de la mobilité durable chez Michelin, Pierre-Martin Huet, directeur de la supply chain, et Ivan Baturone, responsable innovation supply chain.

Michelin multiplie les initiatives en matière de mobilité durable. Pourquoi ?

Nicolas Beaumont : La mobilité est vecteur de développement humain. Elle représente l’accès à la culture ou encore à l’emploi. Mais aujourd’hui elle n’est pas durable à cause de son impact sur l’environnement : en 2018, la moyenne des émissions de CO2 sur les ventes automobiles françaises a augmenté pour atteindre 111,8 grammes au kilomètre, un chiffre qui ne devrait que progresser en 2019.

De plus, la mobilité n’est pas accessible à tous. En France, 20 % de la population active rencontre des difficultés pour se déplacer sur le territoire national. Et une personne sur deux en insertion a déjà refusé un travail à cause de problèmes de mobilité. Il est donc essentiel pour Michelin d’activer les leviers permettant de pérenniser ce secteur et ainsi le rendre durable.

Quelles actions concrètes avez-vous mis en place en faveur de la mobilité durable ?

Nicolas Beaumont : D’une part, nous proposons des produits et services qui rendent la mobilité plus accessible. D’autre part, nous nous positionnons comme de véritables acteurs dans la lutte contre l’obsolescence programmée des pneus. Aujourd’hui, 128 millions de pneus sont consommés inutilement chaque année en Europe, entraînant 6,9 milliards d’euros de dépenses pour les consommateurs et une émission de 6,6 tonnes de CO2. C’est la raison pour laquelle nous avons développé nos pneus premium qui, même usés, se révèlent plus sûrs que des pneus neufs de moins bonne qualité.

De plus, nos pneus basse résistance au roulement ont un vrai impact sur la consommation des carburants. Le premier a d’ailleurs été commercialisé en 1992… preuve que le groupe  se préoccupait très tôt de son empreinte environnementale.

Au-delà de nos produits et services, nous avons créé, avec des ONG, la plateforme PPMC (Paris Process on Mobility and Climate) afin de promouvoir la décarbonation des transports.

Nous avons également adapté nos processus de production, avec pour objectif de supprimer l’utilisation du charbon dans les usines Michelin à l’horizon 2030.

Pierre-Martin Huet : Pour limiter notre empreinte environnementale, cet effort doit également s’appliquer à notre supply chain. Nous travaillons ainsi à limiter au maximum le nombre de kilomètres que parcourent nos produits avant d’arriver à leurs utilisateurs. Nous développons des circuits courts afin de produire au plus près de nos marchés.

Nous agissons également sur la cargaison de nos camions. En Europe, un camion sur cinq circule à vide. C’est un énorme gâchis ! Pour éviter cela, Michelin fait en sorte que ses camions soient les plus remplis possible, quitte à les remplir avec les produits des concurrents. Le but est de créer un véritable écosystème de solutions durables. C’est en ce sens que l’on organise du 4 au 7 juin prochain, à Montréal, le sommet mondial de la mobilité durable, le « Movin’On Summit ».

En quoi consiste ce Movin’On Summit ?

Ivan Baturone : Le Movin’On Summit va rassembler transporteurs, chargeurs et pouvoirs publics pour réfléchir ensemble à des solutions plus propres – que ce soit en termes de transport ou de remplissage des camions – et trouver des solutions intermodales à moindre impact sur l’environnement.

Nicolas Beaumont : Depuis 1998, Michelin fédère les écosystèmes de la mobilité autour de cet événement. Nous nous sommes rendus compte que nous avions la capacité de mettre en relation des gens, des villes des entreprises pour co-innover et passer à l’action.

Ivan Baturone : L’idée est de casser les idées reçues selon lesquelles développement économique et contrainte environnementale sont opposés.

 

La rédaction HOW

par L'ADN

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