La micro-informatique, premier amour entre CVC et Silicon Valley (2/4)

15 juillet 2017

Si, dans un premier temps, les entreprises ont cherché à diversifier leurs activités (ce qui constitua la première vague du Corporate Venture Capital), la seconde vague, qui se développa au début des années 1980, avait pour objectif de faire reconnaître les changements radicaux induits par l’avènement des ordinateurs ainsi que la volonté de ne pas manquer les ruptures technologiques à venir (pour ne pas risquer l’obsolescence).

La technologie s’est transformée en une industrie tournée vers le consommateur, et la Silicon Valley est devenue populaire dans l’imaginaire collectif des années 80 (Time Magazine ayant nommé l’ordinateur comme machine de l’année en 1983). La frénésie entourant le lancement du PC généra un enthousiasme sans précédent au sein du milieu des affaires ainsi qu’une révolution culturelle dans la société.

À en croire le téléfilm des années 90, « Pirates of Silicon Valley », retraçant le duel Apple vs Microsoft, l’esprit de la Silicon Valley allait jusqu’à inscrire la micro-informatique comme une nouvelle page de l’histoire humaine. De quoi stimuler l’activité d’investissement !

Ainsi, les premières success stories de la tech américaine, comme Microsoft ou Apple, furent célébrées dans la presse, et leurs fondateurs, Bill Gates et Steve Jobs, présentés comme un nouveau type d’hommes d’affaires. Tous deux, déjà dans le cercle des célébrités, permirent, pour la première fois, à l’esprit entrepreneurial de devenir le nouveau buzzworld.

L’année dernière à Harvard – terrain d’entraînement pour la nouvelle génération de dirigeants – 80% des étudiants en première année ont déclaré qu’ils voulaient créer et gérer leur propre entreprise un jour.

The New York Times, A pioneer spirit sweeps business, 1984

En 1985, un enseignant en management de l’Université de New York déclarait ainsi au New York Times que : « La publicité donnée à l’entrepreneuriat privé a été considérable, et cela a eu un impact majeur sur les grandes entreprises. »

Plus concrètement, entre 1977 et 1982, le montant des fonds dédiés au capital risque est ainsi passé de 2,5 milliards à 6,7 milliards dollars. Au cours de cette période, plusieurs approches CVC ont ainsi été poursuivies mêlant, conjointement, plusieurs stratégies allant de l’approche indirecte avec des entreprises de capital-risque indépendantes (à l’instar de AT&T, 3M et Gulf and Western) aux fonds CVC gérés en interne. Ainsi, les motivations des entreprises, derrière cette seconde vague du CVC, furent d’accéder à de nouvelles technologies afin de diversifier leurs activités ou étendre leur gamme.

Cette seconde vague a aussi été marquée lorsque les sociétés étrangères, spécifiquement japonaises, ont engagé des programmes CVC. Ces dernières ont ainsi réalisé 60 investissements dans les sociétés américaines en 1989. Ainsi, nombreux observateurs américains déclarèrent à cette époque que les sociétés étrangères considéraient le CVC comme : « un moyen facile … pour effectuer un transfert technologique », autrement dit un accès à la nouvelle technologie américaine, précise CB Insights.

Si la couverture de Time Magazine de 1983 a mis en lumière la seconde vague du CVC, une autre couverture, plus de dix années après, préfigura l’avènement du Net et d’un nouveau tournant pour le CVC.

Plongez dans la suite de cette série pour découvrir la troisième vague du CVC en cliquant ici !

 

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