Recycler l’énergie du Bitcoin pour lutter contre le réchauffement ?

29 novembre 2018

D’après un rapport récent du WWF, nos usages connectés à l’échelle du globe représentent déjà 2 fois l’empreinte environnementale de la France. Bitcoin, datas centers, emails… tous pointent au banc des accusés. Quelles solutions sont envisagées aujourd’hui pour réduire le coût énergétique du tout numérique ?

« Si Internet était un pays, il serait classé dans le top 5 des plus gros consommateurs mondiaux d’électricité », soulignait Gary Cook, analyste du secteur informatique au sein de l’antenne américaine de Greenpeace, en janvier 2017 dans les colonnes du Parisien. Il est vrai que les chiffres de la consommation en énergie des nouvelles technologies ont de quoi affoler. Les pratiques comme le streaming, les techs comme le bitcoin, et les espaces de stockage comme les datas centers sont notamment pointées du doigt. « Une vidéo comme Gangnam Style, visionnée 2,7 milliards de fois sur la planète en 2017, a consommé l’équivalent de la production annuelle d’une petite centrale » précisait l’analyste.

Quant au bitcoin, une seule transaction engloutit autant d’électricité qu’un ménage américain pendant une semaine. Pour certains spécialistes, la généralisation de cette monnaie virtuelle nous conduit tout droit au dépassement du seuil fatidique des 2 °C de réchauffement en deux décennies. Ne parlons pas des emails, qui parcourent environ 15 000 km de câbles avant d’arriver à destination. D’après l’Ademe, un seul email d’1 Mo envoyé émet équivaut à 15 grammes de CO2 rejetés dans l’atmosphère.

L’appétit énergétique des data centers

D’où vient le lien entre l’envoi d’un email, une transaction en bitcoin et le réchauffement de la planète ? Principalement des infrastructures qui supportent les transactions. Car ces nouvelles technologies sont extrêmement gourmandes en données, et requièrent des espaces de stockage toujours plus grands. En Chine continentale ou en Islande par exemple, des hangars entiers abritent des milliers de serveurs qui tournent à plein régime. À tel point que l’énergie qu’ils consomment va dépasser en 2018 la consommation électrique des 330.000 habitants de l’île du nord de l’Europe. Avec l’avènement de l’informatique en cloud, on estime que la capacité de stockage des data centers devrait être multipliée par 4 d’ici 2021.

L’appétit énergétique des datas centers s’explique par le fait que « l’électricité consommée par les équipements informatiques est presque entièrement transformée en chaleur par effet joule. Pour tenir à température constante le matériel, un système de refroidissement est nécessaire », selon l’Union Française de l’électricité (UFE). Ainsi, 50% de la consommation de ces centres provient des ventilateurs nécessaires pour assurer le refroidissement des équipements.

Recycler l’énergie consommée

Les géants de la tech comme Facebook et Google ont déjà pris conscience du problème. Leur solution ? Plutôt que de consommer une fortune en refroidissement, autant parier sur le free cooling de l’environnement, et installer ses data centers dans des pays froids. Certains des data centers de Facebook ont par exemple élu domicile à Lulea à l’extrême nord de la Suède. La réutilisation de l’énergie produite, pour chauffer des espaces tiers est une autre solution envisagée pour lutter contre le gaspillage. Cette piste se rapproche en cela des démarches d’économie circulaire. En Île-de-France, le quartier Val d’Europe est ainsi chauffé grâce à un data center. À Paris centre, c’est même la piscine de la Butte-aux-cailles qui est maintenue à la température de 27°C, et ce grâce au même procédé !

Pourtant, en réaction aux prévisions alarmistes des spécialistes, les militants des « Green IT » entendent aller plus loin. Ils appellent de leur vœux une prise de conscience généralisée, et plaident pour que nos usages numériques se mettent à la diète verte. Frédéric Bordage, un expert français de la question, parle de « sobriété numérique ». Soit un programme de dégraissage drastique de nos usages numériques trop gourmands. Vous souhaitez en savoir plus, et découvrir des outils pour adopter de bonnes pratiques ? Nous vous conseillons son intervention sur la scène de Boma France, en Juillet 2018 :

La rédaction HOW

par L'ADN

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