Oslo, la première capitale sans voitures

14 février 2019

Désignée capitale verte de l’Europe en 2019, la capitale norvégienne bannit peu à peu les voitures de son centre-ville. Son ambition : améliorer la qualité de vie des habitants et réduire de 95% ses émissions de CO2 d’ici 2030.

Remplacer les places de parking par des pistes cyclables, des bancs ou des jardins publics miniatures : c’est le pari qu’a fait Oslo, première capitale au monde « sans voitures ». Engagée dès les années 70 dans la piétonnisation des rues, la ville a massivement investi dans les transports publics, avant de prendre pour cible la voiture individuelle. Annoncée en 2015, et dénoncée par l’opposition comme « un mur de Berlin contre les automobilistes », la fermeture totale du centre-ville n’aura pas finalement pas lieu, mais la quasi-totalité des voitures particulières devraient en avoir disparu d’ici 2020.

Objectif : « rendre la ville à ses habitants », selon Hanna Marcussen, chargée du développement urbain de la capitale norvégienne. « Les villes comme Oslo ont été construites pour les automobiles depuis des décennies, il est temps de changer cela. Il est temps que nous réfléchissions tous au modèle de la ville dans laquelle nous voudrions vivre. Je suis certaines que lorsque les gens imaginent leur ville idéale, le rêve n’inclut pas la pollution atmosphérique, des bouchons interminables causés par le trafic routier ou des rues remplies de voitures garées. »

Pour y parvenir, la ville vient notamment de supprimer 700 places de stationnement, rendant impossible aux automobilistes de se garer en centre-ville. Les véhicules d’urgence, de livraison ou appartenant aux personnes handicapées, bénéficient d’espaces réservés ; les autres sont fortement incités à contourner le secteur. En alternative, Oslo a construit de nouvelles lignes de métro et de tramway, avec un service renforcé, tout en baissant le coût des titres de transport – tandis que celui des péages routiers a augmenté. Des pistes cyclables plus confortables et plus sécurisées ont été aménagées et des primes offertes aux citoyens désireux d’investir dans un vélo électrique.

Résultat : le nombre de piétons en centre-ville a augmenté de 10% l’an dernier et les riverains ont déjà constaté une amélioration de la qualité de l’air. La nouvelle capitale verte de l’Europe 2019 entend aller plus loin en réduisant ses émissions de CO2 de 95% d’ici à 2030. D’autres villes suivent le mouvement, à l’image de Madrid ou de Londres, qui limitent également l’accès des voitures en centre-ville. Paris teste de son côté une journée sans voitures une fois par an. L’adjointe au maire d’Oslo en est persuadée : « Il y a 20 ans, il était parfaitement normal de fumer des cigarettes à l’intérieur. Aujourd’hui, peu de gens le font. Il en va de même avec les voitures en centre-ville : un jour nous nous retournerons et nous nous demanderons comment nous avons pu penser que c’était une bonne idée. »

 

La rédaction HOW

par L'ADN

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