Où se cachent les meilleurs freelances ?

La guerre des talents fait rage. Pour rester pertinentes dans un monde en changement perpétuel, les entreprises ont besoin de travailler avec les perles rares du digital. Mais où les trouver ?

Mus par un désir de liberté, par une envie de choisir avec quelles entreprises et sur quelles missions travailler, les talents d’aujourd’hui choisissent de plus en plus de se mettre à leur compte.

Les entreprises, qui ont besoin des cerveaux les plus créatifs et des compétences les plus pointues pour innover plus rapidement que les autres, sont désormais en mission séduction. Leur objectif : trouver les meilleurs freelances digitaux, les convaincre de travailler avec elles et les fidéliser.

Heureusement, les travailleurs et travailleuses indépendantes s’organisent. Plateformes de mise en connexion, collectifs de freelances ou encore bonnes vieilles agences, les freelances sont plus faciles à trouver.

L’émancipation des talents

Avec le développement d’internet, les cabinets de conseil, agences créatives et ESN (entreprises de services du numérique, anciennement SSII) ont perdu leur attrait.

« Ces intermédiaires sont devenus moins pertinents car les free ont trouvé des moyens de rendre visible leur travail. Grâce à internet, ils ont enfin pu travailler directement avec les entreprises », explique Laëtitia Vitaud, auteur et enseignante à Sciences Po, spécialiste du futur du monde du travail et des organisations, qui a écrit l’étude “Pourquoi le CAC 40 a besoin des freelances” pour Malt.

Les talents créatifs exposent leur travail sur des plateformes grand public, comme Instagram ou Tumblr, et des sites dédiés, comme Behance pour la mise en ligne de portfolios ou Creads pour la mise en connexion avec des entreprises.

Les profils tech ont, eux aussi, leurs plateformes, comme Malt (ancienne Hopwork) pour laquelle Laëtitia Vitaud écrit, ou encore Crème de la crème. Ces sites de mises en connexion leur permettent de fournir aux entreprises des informations indisponibles sur un portfolio ou un CV, comme la réactivité ou la satisfaction client.

Les plateformes de mise en connexion

Si ces plateformes ont en commun la puissance de la tech et la fiabilité du peer-to-peer, elles fonctionnent avec des philosophies assez différentes.

Malt a été créé il y a quatre ans par trois indépendants pour permettre aux freelances d’entrer en contact avec les entreprises sans passer par des SSII. Sur Malt, les entreprises peuvent découvrir les profils de 60 000 freelances, juger de leurs compétences en fonction des commentaires, et les contacter. Malt compte 30 000 entreprises.

Crème de la crème fonctionne un peu différemment. La plateforme, lancée en 2015, se rapproche plus d’une agence puisque chacune des 5 000 entreprises inscrites se voit assigner un ou une responsable de clientèle qui lui propose les meilleurs profils pour chaque projet et peut constituer des équipes pour les projets complexes (sur Malt, ce fonctionnement n’est disponible que pour les grands groupes). De plus, les 30 000 freelances présents sur le site ont été sélectionnés.

capture d'écran crème de la crème

Sur ces plateformes, trouver un ou une freelance est plus facile que jamais. Screenshot du site de Malt

Pour autant, la plateforme est loin d’être une agence. « Nous disposons de plus de talents que les acteurs historiques, ce qui nous permet de gérer des projets qui nécessitent des compétences transverses », explique Grégory Beck, directeur du marketing de Crème de la crème. « Notre technologie nous permet, d’autre part, de proposer des profils quatre à cinq fois plus rapidement que les acteurs traditionnels et à moindre frais ».

Les deux services s’occupent des démarches administratives : facturation automatique, paiement sécurisé adapté aux besoins des entreprises, assurance professionnelle, etc.

Les collectifs

Mais les plateformes ne sont pas les seuls moyens de trouver des freelances, il faut aussi compter avec les collectifs d’indépendants. Digital Village est une agence de production digitale qui ne travaille qu’avec des freelances. Les responsables clientèles connaissent tous les membres et peuvent ainsi monter des équipes facilement.

« Il faut que les freelances puissent s’organiser pour pouvoir concurrencer la forme de travail actuel qu’est le salariat », estime Bertrand Moine, cofondateur de Digital Village.

Les agences

Cette émancipation des freelances ne signe pas pour autant la fin des agences. Celles-ci continuent à jouer un rôle d’intermédiaire clé.

Antoine Vallet, chargé de communication interne pour le pôle recherche et innovation de L’Oréal, travaille aussi bien avec des indépendants qu’avec des agences. Si le projet requiert de la flexibilité ou si le projet se fait sur le long terme, il se tournera vers des freelances. En revanche, s’il a besoin d’obtenir du conseil ou que les projets, ambitieux, nécessitent de nombreux acteurs, il fera appel à des agences.

Loin d’exister en opposition, les agences et les freelances collaborent.

« Il se tisse une nouvelle relation entre les agences, les indépendants et les clients. Certains indépendants identifiés pour leur travail, nous demandent expressément de passer par telle ou telle agence ou boite de production, tandis que certaines agences nous recommandent des indépendants », continue-t-il.

Pour les entreprises, choisir de travailler avec un ou une indépendante plutôt qu’une agence nécessite (et permet) de s’adapter aux envies des millenials. Flexibilité, communication transparente, gestion de communauté, Laëtitia Vitaud, Bertrand Moine et Antoine Vallet vous livrent leurs conseils dans ce second volet de notre série sur les freelances.

Image d’en-tête extraite de l’étude de Malt “Pourquoi le CAC 40 a besoin des freelances”

La rédaction HOW

par L'ADN

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