Paiement mobile : paiement pour tous ?

Plus besoin de carte de crédit ou de monnaie sonnante et trébuchante, les Fintechs redessinent les moyens de paiement actuels et proposent de nouvelles alternatives. La plus prometteuse : le mobile, qui devient petit à petit la solution pour un paiement plus fluide et inclusif.

En 2016, le marché du paiement mobile était évalué à 601 milliards de dollars. Il devrait augmenter de 33,8% d’ici 2023. Une belle opportunité pour les Fintechs qui multiplient les solutions pour des paiements plus fluides et inclusifs, notamment en Afrique. Comment la téléphonie mobile permettra-t-elle de faciliter les actes de paiements dans le continent et partout dans le monde ? Quelques éléments de réponse avec Mikael Ptachek, responsable Practice Fintech chez KPMG, Anton Bielakoff, CEO de Lyra, et Aurélien Duval-Delort, fondateur et CEO et de Bizao.

L’Afrique, laboratoire du paiement mobile

Sur le continent africain, les opérateurs mobiles deviennent la pierre angulaire du système bancaire. « Si les banques traditionnelles sont bien présentes, ceux qui innovent le plus vite et répondent le mieux aux besoins des utilisateurs locaux sont des opérateurs comme Orange, MTN ou Vodafone », souligne Aurélien Duval-Delort. Les opérateurs ont ainsi développé un système de Mobile Money. Le principe ? L’utilisateur dépose de l’argent liquide chez un agent agréé qui le convertit en monnaie électronique afin que l’utilisateur puisse payer des achats avec son mobile. Aujourd’hui, on compte plus de 400 millions de comptes d’utilisateurs de paiement mobile en Afrique.

Pourtant, il n’existe pas d’interopérabilité entre les différents opérateurs. Impossible donc de transférer de l’argent entre les différents acteurs du marché. « Imaginez ne pas pouvoir faire de virement de la Société Générale à la BNP ! » soulève Aurélien Duval-Delort, CEO de Bizao. Sur un continent avec 54 pays et 200 opérateurs de téléphonie mobile, sa solution permet donc de centraliser toutes les démarches nécessaires à l’utilisation des moyens de paiement locaux. « Nous travaillons avec une compagnie aérienne qui réalise 97% de ses ventes en cash et 3% en carte de crédit. Notre rôle est de l’aider à digitaliser les paiements sur plusieurs pays, pour s’affranchir progressivement du cash, coûteux, lent et peu sécurisé », ajoute t-il.

Le paiement mobile : une nouvelle opportunité pour les Fintechs

« Des freins structurels pour les banques, mais une formidable opportunité pour les Fintechs », note Mikael Ptachek, responsable Practice Fintech chez KPMG. Pour Anton Bielakoff, CEO de Lyra, le réel enjeu est de prendre en compte les habitudes de paiements des populations locales afin de mettre en place des solutions adaptées. Le leader français de la sécurisation des paiements s’est ainsi lancé dans le paiement mobile via Whatsapp, pour permettre aux commerçants d’encaisser un paiement en face à face sans terminal de carte bancaire, mais aussi à distance.

Une fois inscrit sur Whatsapp, le marchand indique ainsi le numéro de téléphone du client et le montant de son achat. Celui-ci reçoit un lien d’accès à la page de paiement sécurisée Lyra qui lui propose de payer en une ou plusieurs fois. La start-up se rémunère en prélevant un pourcentage sur la transaction, qui se révèle moindre face à la location d’un terminal. «  Nous avons aidé un loueur de gîtes, qui n’avait pas les moyens de louer un terminal de paiement à cause du caractère saisonnier de son activité. Les gens n’ayant pas d’acomptes à payer lors de la réservation, ce dernier faisait face à plusieurs annulations de dernière minute. Aujourd’hui grâce à WhatsApp, ses clients peuvent s’acquitter du paiement dès la réservation », raconte Anton Bielakoff.

Le marché croissant du paiement mobile

En Afrique, le taux de bancarisation ne dépasse par les 16,1% alors que plus de 660 millions d’Africains devraient être équipés d’un smartphone d’ici 2020. Et l’engouement dépasse ce continent. Dans l’hexagone, près de 80% des français possèdent un smartphone, dont 100% des 18-25 ans (source). Et ces derniers sont friands d’achats en ligne. D’après une étude menée par KPMG et la FEVAD en septembre 2017, 60% des français réaliseraient déjà des achats via leur mobile. Et ce marché a encore de beaux jours devant lui, puisque 43% des 18-24 ans déclarent vouloir payer plus souvent via leur mobile.

 

La rédaction HOW

par L'ADN

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