«Pour que les salariés puissent innover, il faut leur laisser de l’autonomie»

20 décembre 2018

Rencontre avec Thomas Chappuis, Directeur du projet Internal Startup Call de Société Générale.

Société Générale lançait il y a un an le programme Internal Startup Call destiné à faire émerger des projets intrapreneuriaux au sein du groupe et à développer de nouveaux business. Dans un secteur bancaire en transformation, marqué par la digitalisation des services et l’émergence des fintechs, l’objectif était également d’inviter les collaborateurs à réfléchir sur des thématiques telles l’environnement de travail ou la finance à impact positif. Nous avons rencontré Thomas Chappuis, Directeur du projet et membre de l’équipe Innovation, pour nous éclairer sur la méthodologie déployée au cours de cette première année.

HOW : Comment avez-vous initié ce programme d’intrapreneuriat ?

Nous avons voulu une démarche à la fois top down et bottom up, en impliquant l’ensemble des collaborateurs de Société Générale. Le top management a été consulté en amont pour définir des thèmes d’innovation prioritaires, afin de travailler sur des sujets qui servent les intérêts business du groupe, puis nous avons ouvert la réflexion à l’ensemble des collaborateurs en France et à l’international grâce à une plateforme digitale. Aucun prérequis particulier n’était nécessaire pour proposer une idée ou rejoindre une équipe existante. Au total, plus de 15 000 personnes se sont connectées et 600 concepts de start-ups ont été proposés.

 

Thomas Chappuis

HOW : Quels critères avez-vous utilisés pour sélectionner les projets ?

Nous avons la conviction que, comme dans les start-ups externes, les projets avec plusieurs cofondateurs ont plus de chances d’aboutir que ceux portés par un seul fondateur. Il fallait donc au minimum 2 personnes à temps plein pour qu’un projet soit retenu, avec un maximum de 4 personnes, mais également la possibilité d’employer d’autres contributeurs à temps partiel pour apporter leurs compétences de manière plus ponctuelle.

L’ancienneté dans le groupe n’était pas un critère, cependant la connaissance de Société Générale est un atout : par rapport à un entrepreneur, l’avantage d’un intrapreneur est de pouvoir s’appuyer sur les ressources existantes au sein de l’entreprise. Mais nous avons aussi des projets dans de nouveaux domaines avec des équipes mêlant des Millenials et des seniors, car la diversité des profils nous paraissait intéressante.

 

HOW : Comment s’est déroulée la phase d’incubation des start-ups ?

Nous avons travaillé avec dix-huit programmes d’accélération externes dans le monde, qui accompagnent les intrapreneurs dans la définition et le développement de leurs start-ups. En France, nous collaborons notamment avec Makesense, qui nous a également apporté son expertise en création de communauté lors de la phase de lancement, Liberté Living Lab et Schoolab.

Les intrapreneurs ont été détachés pendant 6 mois dans les locaux de ces incubateurs pour développer leur projet, sur un budget et des salaires pris en charge au niveau central par la direction Innovation du Groupe. Sur 70 projets sélectionnés, 61 ont été lancés effectivement – certains collaborateurs n’ayant pas pu se rendre disponible dans les délais impartis – en trois vagues d’une vingtaine de start-ups, la première ayant débuté fin mai.

 

HOW : Au-delà des nouveaux business, quel a été l’impact de ce programme d’intrapreneuriat ?

L’objectif principal de l’Internal Startup Call était de transformer l’entreprise dans deux dimensions : d’abord en encourageant les collaborateurs à oser et à expérimenter concrètement les problématiques soulevées par l’intrapreneuriat, en termes RH, informatiques, juridiques etc. et ensuite en poussant les membres du comité de direction et les patrons de BU à expérimenter un rôle de mentor plutôt qu’un rôle de manager, pour les amener à se questionner sur les modes de management. Notre approche – développée avec la start-up Stim, spécialisée dans le management de l’innovation – était basée sur un trinôme  : un sponsor mentor, un programme d’accélération pour le coaching au quotidien et les intrapreneurs eux-mêmes, à qui il était essentiel de laisser l’autonomie suffisante pour mener à bien leurs projets.

La rédaction HOW

par L'ADN

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