La France obtient 14 millions d’euros pour développer un ordinateur quantique

5 novembre 2018

Trois instituts de recherche grenoblois remportent un financement européen de 14 millions d’euros pour développer l’ordinateur quantique

L’ordinateur quantique fait rêver les mathématiciens depuis les années 90. Petite plongée sous les touches de votre clavier : un ordinateur classique utilise comme unité de mesure des bits d’information, des données binaires codées par une suite de 0 et de 1. Un ordinateur quantique fonctionne lui avec des qu-bits, l’analogue quantique du bit, soit la plus petite unité de stockage d’information quantique, qui peut posséder une infinité de valeurs. Vous êtes déjà perdus ? Retenez seulement qu’en conséquence, un ordinateur quantique peut effectuer des calculs beaucoup plus rapidement que votre PC traditionnel.

Problème : pour faire fonctionner correctement un ordinateur quantique, il faut l’alimenter avec un nombre très important de qubits. Or leur fabrication en grand nombre pose un problème physique nommé phénomène de décohérence (une instabilité et la perte des effets quantiques avant que le calcul sur lequel travaille l’ordinateur n’aboutisse). Conséquence, si des petits calculateurs quantiques élémentaires ont été mis au point dès les années 90, il a fallu attendre 2009 pour que des chercheurs de l’université de Yale créent le premier processeur quantique plus élaboré.

Les géants de l’informatique se livrent aujourd’hui une concurrence mondiale pour créer le premier ordinateur quantique. Google dévoilait en mars dernier avoir mis au point un processeur quantique d’une puissance de 72 qubits, une puissance jusqu’ici inégalée. Intel et QuTech ont annoncé avancer sur la production de « qubit spin », des qubits gravés sur du silicum, ce qui rendrait possible une exploitation commerciale. Enfin, côté chinois, Alibaba a promis d’injecter 12,7 milliards d’euros dans des projets de R&D visant notamment à développer ce super-ordinateur.

Une initiative grenobloise pourrait bien relancer les Européens dans la compétition. Le projet QuCube, issu de la collaboration entre trois instituts de recherche grenoblois (CEA-Leti, INAC et Institut Néel) vient d’obtenir 14 millions d’euros de financement sur 6 ans pour réaliser un processeur quantique. L’équipe menée par les 3 responsables de recherche Silvano De Franceschi, Tristan Meunier et Maud Vinet est lauréate de l’appel à proposition « ERC Synergy Grant », un projet européen pour le financement de la recherche exploratoire d’un budget global de 250 millions d’euros.


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QuCube combine deux atouts majeurs : des années d’expertise sur les technologies quantiques industrielles et de fortes compétences en recherche fondamentale. Les scientifiques grenoblois espèrent réaliser un processeur rassemblant au moins une centaine de qubits physiques, ce qui constituerait une étape décisive vers la réalisation de l’ordinateur quantique. Le financement du projet QuCube doit permettre une recherche transformatrice à la pointe de la science actuelle, avec l’ambition de produire des résultats scientifiques révolutionnaires… pour ne pas dire imprévisibles.

La rédaction HOW

par L'ADN

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