Quels enjeux pour rendre la mobilité efficace, verte et inclusive ?

8 avril 2019

Comment renverser le paradigme actuel de mobilité pour parvenir à des solutions qui soient à la fois responsables d’un point de vue environnemental, et inclusives du point de vue de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite ? Eléments de réponse avec Charlotte de Vilmorin (Wheeliz), Loic Guillemot (MAIF), Robin Marandet (OnePark) et Laurent Choain (KPMG).

« En 2050, près de 7 personnes sur 10 vivront en ville, soit environ 65% de la population mondiale. En parallèle, l’activité urbaine est déjà responsable de 70% des émissions carbone », rappelle Laurent Choain, en préambule du petit-déjeuner HOW Experience organisé le 20 mars 2019 au MAIF start-up club. Autour de la table, quatre actrices et acteurs de la mobilité sont réunis pour réfléchir aux transformations de l’écosystème de la mobilité. Plus verte, inclusive, soucieuse de l’évolution des flux de passagers et ouverte à de nouveaux modèles (intermodalité, mobility-as-a-service), celle-ci évolue pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux de notre époque.

Les enjeux de l’accès à la mobilité pour tous

Le déploiement toujours plus vaste des espaces urbains a favorisé l’émergence de nouvelles problématiques de mobilité. Charlotte de Vilmorin souligne ainsi l’importance déterminante de la question de l’accessibilité. En France, « plus d’1,2 millions de personnes âgées et 400 000 victimes d’accidents divers n’ont pas accès aux transports », rappelle-t-elle. Pour ces personnes à mobilité réduite, l’innovation technologique en matière de mobilité est relativement frustrante puisqu’elle n’anticipe pas leurs besoins spécifiques. « L’autonomie, c’est un rêve pour moi. Si l’on regarde du côté des constructeurs, aucun n’a pensé un prototype de véhicule autonome adapté pour les personnes dans ma situation. » Avec sa start-up Wheeliz, elle entend donc proposer une plateforme de mise en relation entre des propriétaires de véhicules aménagés et des utilisateurs en demande.

« Le transport est la clé de voûte de toute opportunité, qu’elle soit personnelle ou professionnelle », abonde Robin Marandet. L’accès à la mobilité conditionne donc l’intégration, ou l’exclusion, de toute une partie de la population. En parallèle, les infrastructures comme les parkings sont souvent saturées ou au contraire très peu occupées. Des plateformes comme OnePark offrent de nouvelles solutions de régulation du taux d’occupation.

Une initiative qui semble alignée avec la volonté de certaines villes de limiter l’accès aux centres urbains aux véhicules essence ou diesel, voire de l’interdire comme c’est le cas à Oslo. D’autant que le nombre de véhicules sur les routes est l’une des causes majeures de la congestion routière. « Un parisien passe en moyenne 45 heures par an dans les bouchons », rappelle ainsi Loic Guillemot de la MAIF. Or, ces phénomènes ont un impact crucial sur les taux d’émissions carbone.

Vers un mobilité plus verte et inclusive

« J’envisage quatre enjeux pour la mobilité aujourd’hui. Décarboner nos déplacements, rendre les mobilités inclusives, sécuriser les nouveaux modes de transports urbains et proposer des offres ‘mobility-as-a-service’ », résume Loic Guillemot de la MAIF.

Des initiatives voient déjà le jour, partout en Europe. C’est notamment le cas en Finlande, où le service WHIM a pour objectif de faciliter l’accès à tous les modes de déplacement possibles, transports collectifs et voitures partagées notamment, via un titre unique et un abonnement mensuel payant.

Ou encore, plus près de chez nous, en France, où l’opération « Sans ma voiture » a été lancée par la MAIF, dans la perspective de sensibiliser les citoyens aux nouvelles modalités de déplacement. « Avec cette opération, nous avons constaté un retour sensible de la marche à pied, mais également une méconnaissance des modes de transport alternatifs », souligne Loic Guillemot. « Globalement, nombreux sont les citoyens qui manquent de pratique des transports en commun ». Et ce, même si les solutions d’inter-modalités sont amenées à rapidement se développer, comme le rappelle Laurent Choain.

Qu’est-ce qu’il manquerait aujourd’hui pour que la transition vers une mobilité plus verte et inclusive soit accélérée ? Peut-être, une action concertée des régulateurs, qui disposent d’une force de coercition et pourraient infliger des pénalités aux constructeurs ou opérateurs qui ne respectent pas les critères d’inclusion et de non-émission de carbone. Mais également un recentrage de l’offre de services. « Aujourd’hui l’offre est particulièrement morcelée entre une multitude d’acteurs privés » (plus d’une cinquantaine à Paris, soulignait Loic Guillemot). Par ailleurs, « il ne faut pas oublier que les grands projets de transports collectifs se déploient sur 20 à 30 ans, comme le projet Eole », rappelle Laurent Choain.

Découvrez notre dossier complet sur la mobilité verte et inclusive ici.

La rédaction HOW

par L'ADN

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