Comment fonctionne le crédit social chinois ?

5 février 2019

Focus sur le système de crédit social chinois, actuellement en cours de déploiement, et qui devrait couvrir tous les citoyens et entreprises implantées en Chine d’ici 2020.

Les médias en parlent comme d’un scénario à la Black Mirror, cette série télévisée Netflix sur les technologies dystopiques, mais c’est déjà bien une réalité : la Chine met en place depuis mai 2018 un système de crédit social visant à noter la réputation de ses citoyens. Le projet prévoit que chacun d’entre eux reçoive d’ici 2020 une note entre 350 et 950 (son « crédit social ») censée évaluer son statut économique et social, qui doit notamment servir à renforcer la confiance et l’intégrité sur le marché chinois.

Problème : tel qu’il est conçu, le système de crédit social tend surtout à limiter les libertés individuelles. En pratique, les notes reposent sur la vidéosurveillance de masse – via les 170 millions de caméras installées sur le territoire chinois, un chiffre qui devrait doubler en 2 ans -, la reconnaissance faciale et la cyber-surveillance, notamment sur les réseaux sociaux, tels que l’application de messagerie WeChat. Les données collectées sont ensuite analysées grâce aux technologies big data et parfois rendues publiques, comme dans le cas de la « carte des mauvais payeurs » mise en ligne par la province du Hebei.

Si les« bons citoyens » sont encouragés à partager leurs notes sur leurs réseaux sociaux pour obtenir plus facilement un emploi ou un emprunt, le système de crédit social risque donc surtout de se retourner contre ceux dont l’attitude ne correspond pas aux attentes du gouvernement chinois, sans s’arrêter à ceux qui enfreignent la loi. Plusieurs millions d’utilisateurs des transports ferroviaires ou aériens se sont ainsi vu imposer des interdictions de voyage pour n’avoir pas remboursé une dette ou s’être mal comportés en ligne. Les restrictions pourraient s’étendre à l’accès au logement ou à la scolarisation des enfants.

Les entreprises n’échappent pas à la règle, même lorsqu’elles sont étrangères. Déjà testé dans certaines industries, le système de crédit social s’est également donné pour but de mieux réguler le marché en notant en temps réel l’intégrité des organisations, toujours grâce aux analyses big data. Les plus méritantes disposeraient de facilités d’investissement et de subventions, tandis que celles à la note dégradée verraient leur taux d’imposition augmenter. 8 entreprises chinoises ont par ailleurs été chargées de concevoir des outils d’évaluation pour aider le gouvernement à atteindre ses ambitions. Une collaboration avec les acteurs privés pour le moment en stand-by, par crainte… de conflits d’intérêts.

La rédaction HOW

par L'ADN

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