Qwant s’allie à Vivaldi pour vous permettre d’aller sur internet à l’européenne : sans sacrifier votre vie personnelle

24 juillet 2018

Le navigateur web Vivaldi, seul navigateur européen, propose désormais le moteur de recherche français Qwant dans ses options de moteur de recherche. Le début d’un internet européen qui protège nos vies privées ?

Scandale Cambridge Analytica en mars 2018, sanction contre Google pour abus de position dominante en juillet : il y a comme un ras-le-bol des modus operandi agressifs des GAFA. Cela tombe bien pour Qwant qui continue de construire, tranquillement mais sûrement, une alternative européenne aux Google et autres Bing, respectueuse de la vie privée des internautes.

Un partenariat logique

Le 19 juillet, Qwant a annoncé son partenariat avec Vivaldi. Le navigateur norvégien a ajouté Qwant à la liste des moteurs de recherche que ses utilisateurs peuvent utiliser par défaut. « Cela va permettre aux utilisateurs de Vivaldi de basculer facilement sur Qwant s’ils le souhaitent », explique Guillaume Champeau, directeur de l’éthique et des relations publiques de Qwant.

Il sera proposé aux côtés de Google, mais aussi de l’américain DuckDuckGo et du hollandais Startpage qui se positionnent aussi sur le respect de la vie privée. Mais Qwant est de loin le moteur de recherche qui va le plus loin dans cette recherche du respect des données personnelles. Il dispose de sa propre solution d’indexation du web, ce qui n’est pas le cas de Startpage qui se contente d’envoyer des requêtes anonymisées à Google, et dispose de son propre serveur, contrairement à DuckDuckGo, qui est hébergé sur Amazon Web Services.

capture d'écran du moteur de recherche QWANT

Ce partenariat entre Qwant et Vivaldi permet aux internautes d’adopter un moteur de recherche qui n’effectue aucun profilage publicitaire, sur un navigateur qui partage les mêmes engagements. Image par Qwant

L’alliance entre Qwant et Vivaldi a tout son sens. Les deux entreprises refusent le pistage publicitaire, sont attachées à la neutralité des services et ne conservent pas les données personnelles, que ce soit l’historique des requêtes ou de navigation. « Nous partageons la même philosophie que Vivaldi. Cela va permettre d’offrir à nos utilisateurs un environnement sécurisé de bout en bout ».


Lire aussi : Et si nous vendions nos données aux publicitaires ?

L’Europe prête à construire l’internet du futur

Ce partenariat permet de simplifier l’utilisation de ces logiciels complémentaires et contribue à la création d’un écosystème web éthique et durable complet. En utilisant Vivaldi et Qwant, les internautes ont la certitude d’être en contrôle de leurs données personnelles.

« La plupart des grandes entreprises qui dominent internet sont américaines et sont plongées dans une culture qui considère que les données personnelles peuvent s’échanger, il n’y a pas de protection de la vie personnelle. En Europe, de par notre culture et héritage juridique, nous avons une vision différente : on ne peut pas collecter des données personnelles sans l’accord des personnes concernées et on se doit d’en collecter le moins possible », rappelle Guillaume Champeau.

Pour le Français, les entreprises américaines sont entrées dans une course à la data qui n’est pas durable. « Le développement de l’internet ne pourra pas se faire en allant de plus en plus loin dans l’atteinte de l’intimité des gens. Nous donnons déjà tant d’informations à certaines entreprises. Nous n’allons pas pouvoir continuer sur ce rythme, sinon où en serons-nous en 2030 ? »

Heureusement, une prise de conscience est en train de s’opérer. Guillaume Champeau estime que, tout comme les consommateurs se sont soulevés face aux abus de l’industrie agroalimentaire et se sont tournés vers le bio, les internautes diront non aux GAFAM. « Il y aura une bascule quand les internautes demanderont des services plus respectueux des données personnelles. Et l’Europe sera naturellement la pionnière », continue-t-il.


Lire aussi : Le Edge computing va rendre l’IA plus écologique, rapide et éthique

Cette bascule est peut-être en train de s’opérer en ce moment même. Qwant connaissait déjà depuis un an et demi une croissance de son nombre d’utilisateurs non négligeable, autour de 20% par mois, selon Guillaume Champeau, mais le scandale Cambridge Analytica et l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) ont eu un double effet de légitimation de sa vision et de promotion par la presse.

commission européenne drapeaux européens

Depuis quelques années, la Commission européenne tente de mettre un frein aux abus de position dominante de géants comme Google. Image par artJazz

Avec l’entrée en vigueur du RGPD, la presse s’est penchée sur le sujet de la protection des données personnelles et a donc naturellement parlé de Qwant comme alternative à Google. La discussion autour de Cambridge Analytica a, quant à elle, permis de confirmer le message que Qwant poussait depuis son lancement il y a cinq ans. « Les gens nous prenaient pour des paranoïaques, ils ne comprenaient pas que les entreprises qui collectaient leurs données prenaient effectivement contrôle sur eux, qu’ils utilisaient leurs données pour les profiler et influencer leurs comportements individuels », explique Guillaume Champeau. « Jusqu’à présent, les gens nous disaient « je n’ai rien à cacher, pourquoi devrais-je protéger ma vie privée ? ». Ils ne comprenaient pas le concept de souveraineté des données. »

La décision de la Commission européenne d’infliger une amende record de 4,3 milliards d’euros à Google pour abus de position dominante avec son système d’exploitation mobile Android devrait aussi jouer en faveur de Qwant. Le géant américain a en effet 90 jours pour changer ses pratiques et laisser les fabricants de mobile proposer plusieurs moteurs de recherche.

De son côté, Qwant compte multiplier les partenariats. Déjà disponible comme option pré-configurée sur Firefox, le moteur de recherche de Mozilla, Qwant assure être en discussion avec d’autres navigateurs. « Plus il sera facile d’utiliser Qwant sur un navigateur, plus les gens l’utiliseront », conclut Guillaume Champeau.

Qwant et Vivaldi ne sont pas les seules entreprises à travailler à la création d’un internet européen souverain. Côté intelligence artificielle, l’entreprise française Snips propose aussi une offre respectueuse de la vie privée. Jusqu’à présent, la startup proposait une plateforme destinée à doter tout appareil d’un assistant vocal. En 2019, elle proposera même son enceinte connectée. Cette concurrente d’Alexa et Google Voice promet de ne conserver aucune data car Snips le répète : pas besoin de données personnelles pour former une IA !

Tout un internet s’ouvre à nous : respectueux de nos vies privées et durable. Et si vous préférez vendre vos données, cela pourrait bien être possible aussi !

Image d’en-tête par Vivaldi

La rédaction HOW

par L'ADN

Linkedin

A lire aussi

La communauté des leaders de l'innovation

Innovating in good company

Rejoignez-nous