Real Estech : l’immobilier aussi a le droit à ses innovations

Finies les petites annonces dans Leboncoin, les emprunts complexes à la banque et le syndic qui ne répond pas à ses emails. L’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et la blockchain font leurs entrées dans l’immobilier.

Homunity propose une plateforme de crowdfunding dédiée aux projets d’investissement immobilier. Illicopro ou Syndicio permettent aux copropriétaires de s’autogérer sans passer par un syndic professionnel. Solen est une application qui simule l’ensoleillement d’un bien immobilier grâce à la projection de la trajectoire du soleil en réalité augmentée. En France, les innovations se multiplient dans le real estate, l’immobilier dans la langue de Molière.

Depuis peu, une association a décidé de les mettre en avant en les réunissant sous la bannière de Real Estech – ce que l’on appelle à l’étranger la PropTech, pour Property Tech. « Ce nom symbolise l’innovation dans toute la chaîne de valeur du secteur : du financement à l’occupation en passant par la construction et la gestion-vente-location », explique Robin Rivaton, président de Real Estech.

A l’étranger, aux Etats-Unis surtout, la PropTech est très dynamique. « Pour ce donner une idée du potentiel de ce marché, il suffit de regarder les levées de fonds à l’international : 3 milliards de dollars en 2016, 12 milliards en 2017 et 20 milliards en 2020, selon nos experts KPMG », explique Régis Chemouny, associé chez KPMG en charge de la Real Estech. Qu’en est-il dans l’hexagone?

Le 23 janvier, l’association a réuni sa communauté pour le premier Sommet de l’innovation dans l’immobilier, l’occasion de faire le point sur le dynamisme du secteur.

En France, les startups ne manquent pas dans l’immobilier. D’après le baromètre KPMG présenté lors de ce sommet, il en existerait 400 et ce sont elles qui ont initié ce mouvement d’innovation.

En revanche, contrairement à ce qu’il se passe à l’étranger, il n’y a actuellement pas de licornes (startups valorisées plus d’un milliard de dollars) en France, témoigne Robin Rivaton. « Il reste à coordonner ces initiatives et à trouver les fonds nécessaires pour porter ces acteurs sur le terrain de l’international », ajoute Régis Chemouny.

Mais Robin Rivaton est optimiste : « depuis trois ou quatre ans, la majorité des grands groupes français du secteur BTP ont saisi l’importance de la transformation ». 95% des entreprises établies déclarent travailler avec ces nouveaux acteurs, selon ce même baromètre. Les relations nouées entre les startups et les acteurs traditionnels adoptent des formes variables. Ainsi, 86% des entreprises établies font appel aux startups de la Real Estech pour mener des expérimentations, tandis que 62% se positionnent comme clientes de ces jeunes entreprises.

Carte détaille la repartition des investissements dans le monde

La répartition des levées de fonds Real Estech dans le monde. Graphique du baromètre KPMG

« Le secteur de la Real Estech n’en est qu’à ses débuts », positive-t-il. « Les financements devraient continuer d’être très dynamiques en 2018. Autre bonne nouvelle : de plus en plus de professionnels expérimentés du secteur décident de se tourner vers l’entrepreneuriat. »

Régis Chemouny est tout aussi confiant : « La France accuse un retard mais a franchi le pas de l’innovation dans l’immobilier. »

On n’a pas fini d’entendre parler de Real Estech.

Photo par Real Estech

La rédaction HOW

par L'ADN

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