Scuttlebutt Security, ou la redécouverte de l’Internet originel

Dominic Tarr, un développeur néo-zélandais, est à l’origine du protocole Secure Scuttlebutt (SSB). D’abord conçu pour pallier un accès à Internet capricieux, ce réseau fonctionnant sans serveurs centralisés, pourrait aussi connecter le tiers-monde à moindre coût.

A ses débuts, Internet promettait d’abolir les distances et les barrières freinant les échanges. Une illusion qui a vite montré ses limites à mesure que le nombre d’utilisateurs augmentait, imposant un serveur central par service en ligne ou par fournisseur d’accès. Peu à peu, les géants de l’industrie technologique, à savoir Google, Apple, Facebook, Amazon (GAFA), se sont imposés.

C’est autant pour accomplir un retour aux sources que pour résoudre des problèmes de connexion que Dominic Tarr a développé le protocole Secure Scuttlebutt, une « plateforme à potins sécurisée ». L’idée lui est venue après qu’un burn-out l’a poussé à s’installer en pleine mer, là où les accès Internet sont aussi aléatoires que sporadiques.

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A l’instar de la blockchain, le concept fonctionne comme une autoroute de l’information qui s’appuie sur le serveur le plus proche et permet d’envoyer des messages à une communauté donnée sans passer par Internet. Par le biais d’une synchronisation automatique, il partage les actualités de ses utilisateurs via un réseau de transfert local. Mieux, ces données, y compris le serveur LAN terminal, peuvent être stockées sur une clé USB dans l’attente d’un point d’émission-réception plus efficient. Les utilisateurs décident donc avec qui ils souhaitent échanger, où et comment !

La rançon de ces astuces ? Un acheminement délibérément plus lent des messages, puisque l’un des piliers du système est constitué par le bouche-à-oreille. Sans oublier le risque de voir ce nouveau protocole annexé par des cyber-criminels. Dominic Tarr, qui ne nie pas cette menace, la relativise en rappelant le droit donné à l’ensemble des utilisateurs de fixer eux-mêmes les critères d’adhésion à ce « club ».

Le protocole pourrait également résoudre nombre de problèmes de connexion ou d’accès Internet dans le tiers-monde, où dans des zones reculées. En effet, fonctionnant hors-ligne, il permet d’éviter aux utilisateurs de rester perpétuellement connectés au risque de congestionner la bande passante.

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