Le retail rencontre le véhicule autonome avec Robomart, l’épicerie sur roues

11 janvier 2018

S’il y a bien un secteur qui n’est pas passé au ecommerce, c’est celui des produits frais. Cela pourrait changer grâce au développement des véhicules autonomes.

Le marché des produits frais intéresse la tech. Ce marché est énorme – il vaut 600 milliards de dollars dans le monde selon une étude Kantar Worldpanel – et a à peine commencé sa transition digitale – seuls 5% des achats se font en ligne selon la même source.

Depuis 2011, des entreprises ont lancé leurs services de livraison de courses. Les plus connues sont Postmates et Instacart. Les géants du retail s’y sont lancés aussi. Amazon a lancé en 2013 Fresh, un service de livraison de courses à domicile et a racheté la chaîne haut de gamme Whole Foods pour pouvoir s’appuyer sur des points de vente physiques. La chaine offline Target, elle, a racheté un concurrent d’Instacart, Shipt, en décembre.

Le succès de ces services est relatif. Postmates n’a toujours pas généré de profit. En novembre, Amazon a annoncé la suspension de Fresh dans cinq états américains (mais reste actif dans de nombreux autres).

Pour Ali Ahmed, le fondateur de Robomart, cette lenteur a passé en ligne s’explique simplement. La startup a interviewé un nombre d’Américaines âgées de 26 à 44 ans (les hommes n’achètent apparemment pas de légumes dans la Silicon Valley). 85% d’entre elles n’achètent pas de produits frais en ligne car elles estiment que la livraison à domicile est trop onéreuse et parce qu’elles préfèrent choisir leurs produits elles-mêmes, souligne.

C’est là qu’entre en scène Robomart, un prototype d’épicerie sur roues autonome (de niveau 5) et électrique présenté hier au CES.

Commandé d’un clic depuis l’application, le Robomart se déplacera auprès des utilisatrices et utilisateurs qui pourront choisir les produits qui les tentent et être facturés en ligne sans passer par la caisse. Robomart s’appuie sur une technologie en cours de brevetage qui permet de contrôler les courses effectuées grâce à un système qui combine caméras, capteurs et machine learning. Un fonctionnement qui n’est pas sans rappeler celui du supermarché sans caisse Amazon Go testé à Seattle.

Si le Robomart peut se déplacer de façon complètement autonome, c’est grâce aux technologies de deux grands du marché de la voiture autonome : celle de Lidar qui s’occupe de la gestion de l’environnement physique (localisation, détection d’obstacles…) et celle de Nvidia qui permet aux véhicules de penser et s’adapter. La start-up fait d’ailleurs partie de l’incubateur de Nvidia dédié à l’intelligence artificielle. Le Robomart a été construit en partenariat avec Corbin, spécialiste du véhicule électrique et Hevo Power qui met au point des systèmes de recharge de batterie sans fil. Un système de réfrigération interne s’assure quant à lui de préserver la fraîcheur des aliments proposés.

Le service est proposé aux épiceries et supermarchés en marque blanche avec un contrat de licence de deux ans. Cette licence englobe l’utilisation du véhicule et de la plateforme pour un prix encore confidentiel.

La première flotte de Robomarts devrait prendre la route cet été dans la Bay Area puisque la Californie a autorisé en octobre dernier le déploiement des véhicules autonomes sur les routes ouvertes d’ici mi-2018. Pour autant, la startup risque de rencontrer de l’hostilité. Le conseil municipal de San Fransisco a adopté en décembre 2017 une loi limitant l’usage des robots de livraison de façon drastique pour garder les rues sûres et praticables. En parallèle, le lancement de la startup Bodega qui propose des distributeurs automatiques de produits frais, a soulevé un véritable tollé aux Etats-Unis.

Les citadines et citadins sont très attachés à leurs commerces de proximité qui représentent la vie de quartier. Lancer des technologies les menaçant est toujours délicat. A ce défi d’image se rajoute un défi de logistique. Dans des villes denses, le Robormart pourrait avoir bien du mal à se déplacer et se stationner, d’autant plus que son utilité est assez limitée lorsque le tissu commercial est fort.

Robomart pourrait en revanche avoir une vraie valeur ajoutée en zone rurale. Souvent oubliées de la tech, les populations rurales ont un véritable besoin en livraison. Ce genre de service pourrait permettre aux commerces locaux d’améliorer leur service client.

Image par Robomart

La rédaction HOW

par L'ADN

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