Révolution numérique : quels sont les impacts sur nos organisations ?

Accès illimité à l’information, mise en relation immédiate des individus, réduction des tâches à faible valeur ajoutée… les conséquences de la révolution numérique sur nos sociétés et organisations sont multiples.

Selon Brian Solis, nous vivons à une époque où les technologies évoluent plus rapidement que la capacité d’adaptation de la plupart de nos organisations. Une idée qu’approuve Jeremy Lamri, cofondateur et CEO du logiciel d’accompagnement de parcours professionnel Monkey Tie. Il souligne notamment que cinq forces majeures s’exercent sur notre société, dont quatre directement issues de la révolution numérique.

Tout d’abord, l’accès illimité à l’information bouleverse notre rapport à la connaissance ainsi que nos modes d’apprentissage. Il s’agit dorénavant de passer de l’acquisition d’informations à l’acquisition de compétences. Comme l’avait déjà démontré Carl Rogers en 1969 dans « Freedom to Learn », nous ne pouvons pas réellement enseigner, mais seulement faciliter les conditions de cet apprentissage. L’enjeu n’est plus de « délivrer du contenu », mais plus de susciter l’envie et d’aider à l’acquisition des compétences qui vont permettre l’assimilation des bonnes informations.

Ensuite, la mise en réseau instantanée des individus permettra à terme de contacter qui l’on veut. Pour Jeremy Lamri, « les carnets d’adresse n’auront bientôt plus de valeur, et seul le relationnel et le vécu avec les individus permettra de constituer un avantage compétitif ». D’autre part, les nouveaux usages numériques facilitent à l’extrême l’entrée en contact des individus, en dehors des silos, qu’ils soient hiérarchiques, sociaux ou culturels. Plus de diversité, plus d’interactions et plus de transversalité viennent percuter les modes de communication de nos organisations, les forçant à évoluer.

Par ailleurs, la suppression des tâches à faible valeur ajoutée nous autorise à accorder plus de temps à tout ce qui demande créativité, pensée critique, communication et collaboration. En effet, tout comme la mécanisation (XVIIème) et l’automatisation (XXème) des tâches parasites, les progrès réalisés en intelligence artificielle mêlant Machine Learning et Big Data rendent à l’homme du « temps de cerveau », lui permettant ainsi de se concentrer sur des raisonnements plus complexes.

Enfin, des chercheurs de l’université américaine de Berkeley ont évalué que l’information produite entre 1999 et 2002 correspondait à la somme de toutes les informations produites jusqu’alors dans l’histoire du monde. Cette multiplication exponentielle entraîne nécessairement un changement des compétences à acquérir pour vivre dans ce nouveau monde, mais également une normalisation permettant de traiter et de penser cette masse d’informations.

L’algorithmisation de la société serait donc un phénomène qui pourrait aider les humains à traiter et à prioriser les gigantesques quantités de données disponibles, la big data. Cependant, afin d’éviter le phénomène de la pensée unique, nos algorithmes devront prendre en compte plus de diversité, et donc être plus sophistiqués.

A ces 4 forces s’ajoute une cinquième : l’existentialisme. Il s’agit du facteur de correction historique visant à redonner du sens là où il a disparu. L’homme est une machine à fabriquer du sens, et ne pouvant vivre dans l’absurde il est condamné à donner une cohérence à sa réalité. C’est cette force qui nous permet d’affirmer que l’ubérisation n’est pas l’avenir, puisqu’elle n’incarne aucun sens profond. La plateformisation de notre société sera corrigée par l’existentialisme.

La question qui se pose alors est de savoir comment survivre à cette ère du Darwinisme digital. Comment s’adapter à ces nouveaux systèmes organisationnels qui émergent sous la pression de ces 5 forces ?

Cette article est pour majeure partie une synthèse de l’article de Jeremy Lamri, Président Le Lab RH : Les 5 forces majeures de l’évolution de notre société

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