La Smart City : au carrefour des enjeux du territoire

Smart City. Le mot est sur toutes les lèvres, mais que se cache-t-il derrière ce concept ? Comment la « ville intelligente » redessine-t-elle les logiques de territoire ? Points de vue de nos experts Xavier Fournet, Erwan Keryer et Laurent Choain de KPMG sur le sujet.

 

La smart city n’est pas une simple somme de projets numériques, c’est un projet d’ensemble dont l’objectif est d’intégrer intelligemment les nouvelles technologies au sein de toutes les politiques publiques afin d’optimiser et d’adapter les ressources, les services et les infrastructures à moindre coût. En analysant finement les usages et en co-construisant de nouveaux services, la smart city permet de faire un pas de plus vers l’amélioration du bien-être et la satisfaction des usagers et des agents publics.

La smart city au cœur du nouveau contrat social

La smart city devient progressivement le référentiel de la ville de demain. Et pourtant, parmi les 36.000 collectivités françaises, on ne dénombre pas plus d’une trentaine de projets, pour la plupart concentrés au sein des grandes métropoles. D’importantes disparités risquent alors de structurer les relations entre les territoires. « Sans modalité de régulation structurée et portée par l’Etat, la course à la numérisation des services publics risque de creuser les inégalités territoriales : les logiques d’économie d’échelle concentrent en effet dans les métropoles les projets de villes intelligentes. A leurs périphéries, un grand nombre de communes se dote plus difficilement d’une politique smart, que ce soit dans l’organisation des mobilités ou dans la qualité des services urbains », expliquent Xavier Fournet (Associé KPMG, Responsable Infrastructure et Construction) et Erwan Keryer (Associé KPMG, Secteur Public).

Découvrez le point de vue complet de Xavier Fournet et Erwan Keryer dans cet article ou en vidéo.

L’analyse des données et l’enjeu de responsabilité

L’enjeu d’équité dans le développement de la smart city sur tous les territoires est directement lié à la question de la maîtrise de la donnée. « La très faible incitation portée à ce jour sur la mise en conformité au RGPD encourage d’autant moins à mener une réflexion globale sur ce sujet : alors même que chaque collectivité gère, et parfois stocke, des données sur leurs agents et, bien sûr, sur les administrés. Entre projets isolés, solution unique déployée, quartiers intelligents et villes intelligentes, différents degrés de maturité caractérisent le spectre de la « dataification » du territoire », ajoute Erwan Keryer. Et si les grandes métropoles ont accès aux compétences et aux ressources nécessaires pour apprendre à collecter, sécuriser et traiter cette donnée, ce n’est pas le cas des territoires périurbains et ruraux qui rencontrent des difficultés dans l’élaboration et le financement de leurs stratégies numériques.

 Découvrez le point de vue complet d’Erwan Keryer dans cet article et l’étude « (Re)penser la ville » ici.

Mobilités publiques et privées, en route vers de nouveaux horizons

L’importance de la maîtrise de la donnée est particulièrement visible quand il s’agit de smart city et de mobilité. La montée en puissance des acteurs du privé redessine les logiques de fonctionnement des territoires, ses aménagements, les façons de se déplacer et les comportement de ses citadins. Il est nécessaire, pour les collectivités, d’agir rapidement pour ne pas être dépossédé de la connaissance du territoire, de plus en plus dépendante de la donnée.

« Des conflits d’usage émergent et nombre d’acteurs publics expriment leur sentiment de dépossession en matière d’orientation et de choix des moyens de transports sur leur territoire. Dans ces nouveaux schémas, des acteurs du Mobility as a Service (MaaS) comme Blablacar, Drivy ou Karos structurent une offre où le bien privé a un usage collectif« , explique Laurent Choain, associé KPMG et responsable du secteur Transports. L’agrégation des données est une fenêtre ouverte sur la compréhension des comportements et des flux, à l’image d’applications comme Waze qui, aujourd’hui, définissent la répartition des mobilités sur le territoire.

Découvrez le point de vue complet de Laurent Choain dans cet article.

La smart city doit faire face à de nombreux challenges : mieux construire, mieux se déplacer, mieux gérer ses ressources, mieux vivre. Mais elle se doit surtout d’assurer une approche citoyenne plus inclusive, un accroissement de la qualité de vie urbaine et une démultiplication du potentiel économique local.

Image par ifeanyi ndubuisi de Pixabay

La rédaction HOW

par L'ADN

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