Pourquoi Spotify entre dans la guerre des assistants vocaux

Pour rester le numéro 1 du streaming audio, Spotify va devoir trouver sa place au sein des assistants vocaux, quitte à créer son propre hardware.

Spotify a annoncé qu’elle organiserait une conférence le 24 avril à New York pour présenter une nouveauté. Pourrait-il s’agir de son premier hardware ? Serait-ce un lecteur musical pour voiture contrôlable par la voix ?

La rumeur gronde depuis qu’en février, certains clients ont affirmé avoir reçu une offre leur proposant ce lecteur dans le cadre d’un abonnement à 12,99 $ par mois avec un engagement de 12 mois. Ces messages ne sont apparus qu’une fois sur les lecteurs Spotify des internautes concernés mais le nombre d’occurrences laisse à penser que la nouvelle est à prendre au sérieux selon The Verge.

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On est loin du bon vieux lecteur de cassettes. Image de The Verge

Cet outil d’assistance vocale pourrait être accessible sur tous les lecteurs Spotify. Courant mars, d’autres utilisateurs et utilisatrices ont en effet déclaré avoir vu apparaître l’icône d’un microphone en bas à droite de leur écran. Celui-ci permet d’effectuer des recherches sur le service de streaming musical et de demander de jouer telle ou telle musique, a rapporté TechCrunch. Un représentant de Spotify a confirmé qu’il s’agissait d’un test. 

Il ne serait pas étonnant que Spotify crée ensuite sa propre enceinte connectée pour la maison ou le bureau afin de se placer dans le sillage d’Amazon et son Alexa, de Google et son Google Home, et d’Apple et son Homepod. Les géants du web croient dur comme fer que les enceintes intelligentes seront l’interface du futur et investissent des sommes considérables pour imposer leurs intelligences artificielles.

Si Spotify souhaite rester le leader du streaming musical, l’entreprise suédoise, fraîchement cotée, devra être disponible sur ces systèmes d’exploitation et ce n’est pas gagné car, parallèlement à la guerre pour la domination de l’assistance vocale, se joue une autre guerre : celle pour le contrôle du streaming audio.

Réalisant l’ampleur que prenait le streaming musical, Apple a décidé en 2015 de lancer son propre service de streaming, Apple Music. Pour rattraper son retard, Apple s’est appuyé sur ses avantages compétitifs : son contrôle sur les iPhone, Apple Watch et autres produits de la marque, et sa capacité à obtenir des exclusivités. La stratégie a fonctionné puisqu’aux États-Unis, Apple Music est sur le point de détrôner Spotify en nombre de personnes abonnées.

Pour imposer Apple Music, Apple a décidé de pousser sa stratégie un peu plus loin en refusant d’intégrer le service de streaming suédois à HomePod, l’enceinte connectée qu’Apple a lancé le 9 février dernier. Les utilisateurs et utilisatrice du HomePod peuvent toujours accéder à Spotify en connectant leur smartphone à l’enceinte, mais passer par son téléphone est nettement moins pratique que d’utiliser un service intégré, ce qui risque de défavoriser Spotify face à Apple Music.

Google et Amazon aussi tentent de faire grandir leurs propres plateformes de streaming musical, respectivement Google Play Music et Amazon Music. Les deux entreprises pourraient-elles suivre Apple et compliquer l’accès à Spotify sur leurs enceintes à reconnaissance vocale ? On comprend bien l’intérêt pour Spotify de passer à l’offensive et de créer un assistant vocal.

Il y a fort à penser que les enceintes connectées de Spotify rencontreront une forte demande. D’une part, elles se positionnent sur un espace de vie dans lequel les enceintes des GAFA ne sont pas encore : la voiture. D’autre part, l’entreprise suédoise, qui n’a pas souffert de scandales relatifs à la non-protection des données privées, jouit d’une bonne réputation. Une partie des technophiles pourraient donc accepter de laisser entrer le lecteur Spotify chez eux alors qu’ils refuseraient de permettre aux GAFA (Facebook serait aussi sur le point de lancer ses enceintes) d’écouter leurs conversations à domicile. Enfin, ces enceintes seraient, on l’imagine, limitées à la musique et ne seraient donc pas aussi intrusives.

Si l’on parle beaucoup d’Alexa et Google Home, on oublie souvent que ce ne sont pas les seuls outils d’assistance disponibles pour connecter sa maison et que le salut de l’assistance virtuelle viendra peut-être du développement d’assistants aux prérogatives plus délimitées, et donc plus efficace, qui respecteront mieux les données personnelles des internautes.

Image d’en-tête de Getty Images

La rédaction HOW

par L'ADN

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