Ces start-ups qui réinventent l’agriculture urbaine

Dans un contexte de prise de conscience mondiale sur la nécessité d’une transition écologique, des start-ups renouvellent l’agriculture urbaine. Les entreprises ont leur rôle à jouer.

Fraises, tomates, champignons : sur les toits des Galeries Lafayette, la coupole de l’Opéra de Paris ou les cimes de la Défense, fruits et légumes remplacent déjà les étendues de béton brut, quand ceux-ci ne sont pas investis par un élevage d’abeilles ou de poissons. Un temps reléguée à la périphérie, l’agriculture a repris ses droits en centre-ville, sous la forme de petites parcelles juchées en haut des bâtiments. La génération d’après-guerre cultivait ses potagers en fond de cour, les citadins d’aujourd’hui préfèrent jardiner à l’étage, mettant à profit les dernières techniques de plantation hors-sol.

Le concept d’agriculture urbaine n’est pas nouveau : les pouvoirs publics réfléchissent depuis longtemps au moyen de rendre les villes autosuffisantes en aménageant des espaces agricoles intra-muros. Ceux-ci devaient originellement permettre aux populations de s’approvisionner sur place, sans contraintes de transport. La croissance démographique a cependant peu à peu chassé les jardins des centres-villes, et des chercheurs tels que Dickson Despommier de l’université Columbia se sont mis à réfléchir à des initiatives innovantes comme la « ferme verticale » (farmscraper), ce projet d’agriculture verticale qui permettrait de produire en quantité des fruits et des légumes tout en exerçant la plus faible emprise au sol possible.

Avec la prise de conscience mondiale sur la nécessité d’une transition écologique, des start-ups issues de l’entrepreneuriat social et solidaire font passer ces idées du stade expérimental à la pratique. Elles s’appellent Sous les fraises, Merci Raymond, La Boîte à champignons… Leur point commun : travailler main dans la main avec les acteurs du secteur privé, de plus en plus investis dans la transformation des villes. Les entreprises saisissent aujourd’hui toute la portée de ces initiatives, qui va bien au-delà d’un début d’’autosuffisance alimentaire : il s’agit aussi de recréer du lien social, de renouer le dialogue ville-campagne, de favoriser les projets pédagogiques, de générer de nouveaux emplois locaux, de lutter contre la pollution etc.

Et les idées essaiment. Le fondateur de la start-up Sous les fraises, a ainsi annoncé son intention de partager son expérience en se lançant lui-même dans l’incubation de start-ups agritech. « Nous recherchons de véritables entrepreneurs auxquels nous souhaitons transmettre notre expertise » expliquait Yohan Hubert à La Tribune le mois dernier. L’objectif : accompagner les porteurs de projets agricoles pendant quatre ans avant de les laisser prendre leur indépendance. Le jeune CEO indique accompagner à ce jour 9 entreprises du secteur dans toute la France, certaines étant déjà rentables.


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Côté grands groupes, les partenariats avec les start-ups de l’agritech permettent également de valoriser la culture organisationnelle, la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise (RSE) et le bien-être des employés, que ceux-ci aient accès aux jardins cultivés, puissent acheter les produits cultivés sur place ou même participer financièrement aux projets. Opération de greenwashing ? Quelle que soit l’intention de départ, les bienfaits sont réels, et quand 7 employés sur 10 se disent sensibles à la politique RSE de leur employeur – 90% la jugeant légitime pour œuvrer sur ce terrain* – les entreprises auraient tort de se priver de ce moyen d’action.

*Chiffres issus du Baromètre RSE publié en novembre 2017 par Des Enjeux et des Hommes et ekodev en partenariat avec le cabinet Occurrence

La rédaction HOW

par L'ADN

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