Suivez vos assets mobiles en temps réel avec Everysens

A l’heure où la logistique s’impose comme un levier stratégique majeure en terme d’efficacité opérationnelle et de gains de productivité, les entreprises interrogent aujourd’hui leur capacité à tracer leur supply chain de bout en bout afin d’identifier les points d’optimisation qu’il reste à traiter. Pouvoir disposer d’une visibilité totale et absolue de ses assets mobiles afin d’en rationaliser l’usage : telle est la proposition de valeur d’Everysens, jeune entreprise créée en 2015  positionnée sur l’IoT et les datas appliquées à la logistique. Son dirigeant fondateur, Youness Lemrabet, nous en expose la génèse et les grands principes. Rencontre.

Hello Open World : Tout d’abord, quelle est la genèse d’Everysens ? 

Youness Lemrabet : La genèse de l’entreprise remonte à 2011. Je suis alors docteur en génie industriel entre Centrale Paris et Centrale Lille. Je rencontre à cette époque Gérard Santucci, qui dirige le département dédié à l’entreprise connectée et à la RFID au sein de la Commission Européenne. Nos discussions portent sur les échanges de data entre les système de données, et sur le parallèle qu’il était déjà possible de faire avec l’IoT. Nous présagions que le déluge d’informations généré par les capteurs accompagnerait une véritable révolution dans les entreprises. Je finis alors ma thèse et boucle mon master en entreprenariat, commence à faire un peu de consulting, et intègre finalement l’incubateur d’Euratechnologies et de l’EDHEC.

A l’époque ce sont plutôt les œuvres d’art qui sont testées dans les démarches d’itération menées pour les clients pour lesquels je travaille. Le milieu hospitalier et le CHR constituent le deuxième marché d’exploration. Le troisième est l’industrie, sur laquelle j’ai fini par me concentrer, et pour laquelle nous avons alors un premier POC.

Nous créons Everysens en 2015, en nous spécialisant sur la traçabilité des assets mobiles de la chaîne logistique, comme les parcs de wagons de fret ou les bennes de chantier. Le coût de la technologie suit à ce moment une tendance baissière, notamment grâce à Sigfox, et nous décidons de passer énormément de temps chez nos clients, afin de comprendre quelle valeur ajoutée l’IoT peut apporter à leurs métiers, et comment.


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HOW : Quelle est concrètement la valeur ajoutée d’Everysens ?

YL : Everysens organise et garantit la « tranquillité logistique » des équipements mobiles de ses clients. Nous conseillons les industriels et les opérateurs logistiques sur une gestion optimale de leurs équipements, en leur assurant une utilisation maximale de leurs équipements. Au bout de la chaîne, les industriels sont en attente – et c’est bien normal – d’une livraison sans retard et d’un respect scrupuleux du cahier des charges.

La gestion des actifs mobiles repose sur trois problématiques-clés : la maintenance, la sécurité et la logistique. Everysens apporte à ses clients une connaissance extrêmement profonde des cas d’usage de leur secteur. Cette connaissance s’accompagne d’une maîtrise des réseaux IoT (Sigfox, LoRA, GSM), et d’une expertise dans le traitement de la donnée grâce au big data et à l’IA.

Dans cette perspective, Everysens se concentre aujourd’hui essentiellement sur la problématique logistique. Notre mission est de garantir que d’un bout à l’autre de la planète et d’un bout à l’autre de la chaîne logistique, les différents moyens de transport de nos clients suivent le bon itinéraire, qu’ils se relaient dans les temps impartis. Lorsque vous agrégez les « histoires logistiques » des équipements, avec toutes leurs péripéties (retards, chocs, impondérables), vous êtes en mesure de dresser le socle d’une BI (Business Intelligence) très précieuse pour l’industriel. C’est ce qui décrit aujourd’hui précisément l’évolution d’Everysens. D’une entreprise d’IoT au sens strict, nous devenons un experte de la valorisation de la donnée logistique.

HOW : Peut-on dire à l’arrivée qu’avec les capteurs, l’analyse de l’efficience logistique n’a jamais été aussi fine ?

YL :Oui, c’est exactement cela. La valeur ajoutée tient dans la donnée recueillie par le capteur et les autres systèmes logistiques des clients (ERP, TMS) et analysée par nos soins. Cette valeur ajoutée est un prisme croisant l’IoT, la maîtrise des technos télécom, l’expertise informatique et big data et enfin la connaissance des cas d’usages.

L’orientation vers la data répond à un besoin de fiabilité opérationnelle à 100% et d’analyse en temps réel. Sur la base de l’analyse fournie, un industriel par exemple peut être en mesure de modifier ses plans et de gagner en flexibilité. Par exemple, à la place de louer 1000 wagons toute l’année et quelques dizaines de wagons supplémentaires de temps à autres, il pourra faire le choix de ne plus louer que 900 wagons à l’année toute en augmenter leurs productivité, mais davantage de wagons pour répondre à des besoins ponctuels. Ces choix auront un impact sur les stratégies logistiques des industriels tout autant que sur les business models logistiques et les plans de transports.

L’extrapolation des possibles devient encore plus intéressante si l’on applique à ce système de l’IA, qui permettra de faire des projections sur les arrivées retardées par exemple. Dans le multimodale, Si je suis le remorquage des caisses mobiles, je sais qu’un incident a eu lieu, retardant le transfert vers le train. Le train est alerté qu’il ne partira pas avec la remorque et alerte immédiatement l’industriel. Plus nous disposerons de datas, plus les projections deviendront possibles.

HOW : Quelle est la différence entre Everysens et les autres plateformes IoT ?

YL :Everysens est une plateforme spécifiquement dédiée à l’IoT de la supply chain. D’autres plateformes « boîtes à outils » existent, mais elles sont plus génériques, à l’instar d’IBM Bluemix, Thingworx. Certains acteurs à l’inverse se concentrent uniquement sur la production des capteurs. Enfin, d’autres players comme Bosch, par exemple, offrent une solution intégrée : des capteurs et une solution dédiée aux éoliennes. La plateforme d’IBM, ne fournit par exemple aucun capteur.

Everysens fonctionne sur un modèle totalement ouvert et interopérable, en mode plug and play, pour permettre à l’industriel d’avoir une visibilité de bout en bout, au commissionnaire logistique d’optimiser les rotations de son parc, au loueur de wagons de connaître l’état des wagons comme le suivi kilométrique, à l’entreprise ferroviaire d’optimiser ses opérations de transport ou de maintenance, et ce quel que soit leur système.

HOW : Quelle est l’ambition d’Everysens en terme de développement marché ?

YL : Cela peut paraître étonnant, mais il y a dans notre domaine énormément de choses à faire et à accomplir en France, et dans le Nord en particulier. Le développement à l’international se fera bien entendu, mais de manière progressive et pragmatique. Nous avons des rendez-vous toutes les semaines avec les acteurs de cet écosystème très riche. Notre verticalité fait que nous nous concentrons sur la logistique multimodale et la gestion des déchets (les bennes), même si nous comptons à terme nous développer sur d’autres chaînons.

Ce qui fait et fera encore plus la différence, ce sont encore une fois les cas d’usage. Sans cas d’usage, une entreprise innovante ne peut prétendre apporter de la valeur à ses clients. Nous sommes capables d’aller plus vite que nos concurrents, qui pour certains fabriquent des capteurs sans analyser la donnée, ou inversement. Nous sommes aussi très présents sur le terrain, pour discuter avec les opérationnels. L’innovation ne se conçoit pas seulement derrière un écran !

Nous voulons garder cette longueur d’avance métier et technologique. L’arrivée de la blockchain dans la sphère de l’IoT de la supply chain va créer de nouvelles opportunités. Les capteurs pourront se faire confiance entre eux avec des contrats, ouvrant la voie à des système décentralisés dont le mode de contrat agit comme tiers de confiance. Dans le cadre de smart contracts, Everysens pourrait ainsi développer des contrats spécifiques à des cas d’usages métier, qui seraient ensuite utilisés par les industriels pour valider le bon déroulé des opérations.

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