La tech ferait bien de prendre de bonnes résolutions

2018 sera-t-elle l’année des scandales dans la tech ? Quelques jours seulement après le nouvel an et déjà une enquête préliminaire, celle d’Apple pour obsolescence programmée. L’air est au soulèvement et cela pourrait coûter cher aux entreprises. Les décisionnaires feraient bien, comme Mark Zuckerberg, de prendre des bonnes résolutions.

La semaine dernière, Mark Zuckerberg présentait au grand public son challenge de l’année, ce que nous autres appelons une bonne résolution. Pas d’apprentissage du chinois, de visite des 50 états américains ou de lecture quotidienne cette année, Zuckerberg n’a plus le temps de travailler sur sa vie personnelle, il doit d’urgence s’occuper de son entreprise. Son challenge pour 2018 est donc de résoudre les problèmes qui empoisonnent Facebook.

Partout, les gouvernements s’attaquent au problème de « fake news » et cela pourrait coûter cher à Facebook. En Allemagne, depuis le 1er janvier, Facebook, au même titre que les autres réseaux sociaux, sera passible d’une amende lourde s’il ne supprime pas en temps et en heure les messages d’incitation à la haine publiés sur son réseau. En France, une loi sur les « fake news » devrait aussi voir le jour cette année. Aux Etats-Unis, ce sont les commissions d’enquête du Congrès américain sur les soupçons d’ingérence du Kremlin dans la campagne de 2016, qui s’attaquent à Facebook & co.

Facebook a aussi du souci à se faire avec ses membres. Les études scientifiques et les déclarations d’anciens managers du service en novembre dernier sur le lien entre la fréquentation du site, la dépendance, l’abrutissement et la dépression ont fait grand bruit et le grand public commence à questionner son utilisation du réseau social.

Il est donc devenu urgent pour Mark Zuckerberg de rassurer gouvernements, associations, utilisateurs et utilisatrices. Avec cette déclaration, le CEO de Facebook dit « Je vous ai compris ». Il s’engage à remettre un peu d’humanité dans la gestion de son entreprise. Reste à voir si les solutions qui émaneront de cette nouvelle motivation permettront à Facebook d’éviter les amendes et le boycott de ses membres.

Boycott, amendes et même interdiction d’œuvrer, voici ce à quoi Uber a été confronté l’année dernière. Il y a eu le boycott #DeleteUber en janvier dernier. 200 000 personnes auraient supprimé leur compte en réaction à l’attitude de la plateforme lors du mouvement contre le décret anti-immigration de Donald Trump. Il y a aussi eu le scandale autour du harcèlement sexuel et du machisme au sein de l’entreprise californienne, qui a, en juin, coûté son siège à son CEO et fondateur Travis Kalanick.

A Londres, Uber a tout simplement été banni. En septembre, l’autorité des transports de Londres (TfL, Transport for London) avait décidé de ne pas renouveler la permission accordée à Uber de faire circuler ses voitures avec chauffeurs privés dans la ville en raison de son laxisme dans la dénonciation des crimes et des failles dans les contrôles des casiers judiciaires et des certificats médicaux de ses conducteurs. Ce sont 3,5 millions de clients et clientes perdues.

Cette fin d’année 2017 aura aussi été l’année des recours collectif. Suite à une série d’articles, Apple a été poussé à admettre qu’elle bridait les performances des anciens iPhone, et une semaine plus tard d’offrir ses excuses. L’entreprise à la pomme est allée jusqu’à réduire drastiquement le prix de ses batteries pour se racheter. Cela pourrait lui coûter très cher.

Surtout que les consommateurs et les associations ont profité de la brèche. Aux États-Unis, huit plaintes ont été déposées. Hier, nous apprenions que le parquet de Paris avait ouvert, le 5 janvier, une enquête préliminaire visant Apple sur des soupçons de « tromperie » et d’« obsolescence programmée » de certains modèles de smartphones suite à la plainte de l’association française Halte à l’obsolescence programmée (HOP).

Et il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. La liste des entreprises qui ont fait les frais de polémiques et de sanctions en 2017 est bien plus longue et risque de s’allonger en 2018. Le succès des opérations de ces derniers mois et l’exemple de l’affaire Weinstein ont prouvé que quand les gens s’unissent, même les plus grosses entreprises, même les personnes les plus intouchables peuvent tomber et entrainer leurs petits copains avec elles. L’impunité n’existe plus et le grand public et le gouvernement en sont bien conscients.

Les entreprises qu’elles soient technologiques ou non ont intérêt à prendre de bonnes résolutions et à mettre l’éthique au cœur de leurs stratégies 2018.

La rédaction HOW

par L'ADN

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