La tech permet à la mode de devenir (plus) verte

12 janvier 2018

Les soldes d’hiver ont débuté mercredi, lançant ainsi la course aux achats de vêtements, un vrai danger environnemental. En s’appuyant sur la technologie, les entreprises peuvent lutter contre les dégâts de la production vestimentaire, et en tirer avantage.

Le textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante dans le monde, après le pétrole. Dans un article du Monde, Erwan Autret, ingénieur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) chargé du suivi de la filière textile, identifie les trois principaux impacts environnementaux : sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la consommation d’eau, et sur son eutrophisation, c’est-à-dire le changement de composition chimique de l’eau à cause des polluants qui y sont déversés.

Il y explique qu’il faut 2 700 litres pour fabriquer un tee-shirt, soit ce que consomme un individu en trois ans, et entre 7 000 et 11 000 litres d’eau pour un jean, soit l’équivalent de 285 douches.

C’est notamment pour ces raisons que l’association Zero Waste France appelle à ne rien acheter de neuf, ou presque, cette année. 5 000 personnes ont déjà souscrit à son défi baptisé « Rien de neuf » lancé le 1er janvier.

Les entreprises peuvent elles aussi s’engager (et répondre à une demande de mode éthique grandissante) sans mettre en danger leurs résultats financiers. Si certaines marques s’engagent à produire des articles de meilleure qualité qui durent plus longtemps ou incitent leurs clients et clientes à acheter moins et mieux, d’autres font le choix d’utiliser de nouveaux matériaux.

Fini le PVC imitation cuir qui brille, colle et pollue, les designers ont désormais accès à des alternatives naturelles au cuir satisfaisantes comme le cuir d’ananas (le Piñatex), le cuir de champignons (le Muskin) ou même de pommes (Pellemela).

Le Piñatex est fait de déchets naturels, la feuille d’ananas, avec une faible consommation d’eau et sans produit animal ou produits chimique néfaste.

 

Dans ce studio, on « tricote » des pulls en 3D (Photo par Unmade)

 

Les designers utilisent aussi le polyuréthane dont la technique de production est bien plus écologique que le traitement du cuir, expliquent Maud et Judith Pouzin, créatrices de Manifeste 011, la première boutique de mode 100% vegan et responsable, sur L’info durable, média dédié au développement durable.

Stella McCartney, la première grande marque de mode mondiale éthique et durable, et Adidas, elles, ont choisi de tester le plastique en s’associant avec Parley for the Oceans. Cet organisme collabore avec des créateurs, leaders, artistes et penseurs pour recycler les déchets qui polluent les océans. Il y a un an, Adidas et Parley avait ainsi dévoilé une première semelle de chaussure imprimée en 3D à partir de matières plastiques issues des océans, ainsi que des maillots de bain créés à partir de déchets.

Unmade utilise, elle, l’impression 3D pour tricoter des pulls en laine, personnalisés, sur demande. Cela permet d’éviter le gâchis – il n’y a plus de chutes – et la surproduction – 10% des vêtements produits vont directement à la déchetterie explique le cofondateur Ben Alun-Jones au Guardian.

Pendant ce temps, la Fondation H&M s’est associé avec le HKRITA (Hong Kong Researce Institute of Textiles et Apparel) pour mettre au point de nouvelles solutions pour recycler les textiles en de nouveaux tissus sans perdre en qualité. Grâce à un procédé hypothermique chimique, les équipes ont mis au point une technique capable de séparer les différentes matières, résume L’ADN. En utilisant de la chaleur, de l’eau, et moins de 5% de produits chimiques biodégradables, il est ainsi possible de séparer automatiquement le coton du polyester.

La liste des matériaux innovants et durables ne va que continuer à s’allonger. En octobre dernier, Google accueillait le lancement du Fashion Tech Lab qui vise à soutenir financièrement les personnes développant des technologies alternatives et durables pour l’industrie de la mode.

L’intérêt pour les entreprises de s’orienter vers ces matériaux est multiple. Au-delà de l’effet de communication, cela répond à un véritable besoin d’une frange grandissante de la population et permet de donner du sens au travail de ses équipes.

Photo par Igor Ovsyannykov

La rédaction HOW

par L'ADN

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